Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

22 novembre 2009

Chronique livre : La Vie et rien d'autre

de J. G. Ballard.

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Ohhh le beau miracle de la vie ! Clique. HiHi.

La Vie et rien d'autre. C'est sous ce titre infâme de banalité que J. G. Ballard nous offre son autobiographie. Vous allez me dire : c'est le titre traduit, la VO est mieux. Que nenni. Miracles of life, ça ne le fait pas pour l'écrivain britannique le plus provocateur de ces dernières décennies. Ca aurait été l'autobiographie de Douglas Sirk, je ne dis pas. Mais de la part de Ballard, ça laisse rêveur. Cependant au fil de la lecture on s'aperçoit vite que le Ballard de 2007 ne correspond pas à l'image que l'on peut se faire de lui. Il apparaît comme un pépé sympa et bienveillant, légèrement popote, totalement centriste, et qui lutte avec bravoure contre un méchant cancer de la prostate. Ca peut facilement casser un mythe.

On prend cependant pas mal de plaisir à lire ces morceaux très choisis de la vie de Ballard, en essayant justement de deviner ce qu'il y a entre les trous. Parce que des trous il y en a des béants, Ballard s'attardant énormément sur son enfance, son adolescence et le début de sa vie d'adulte : les deux tiers du livre sont consacrées à ses 25 premières années, le tiers final aux 52 années suivantes. Ballard, passionné de psychanalyse, s'attache donc à creuser les fondements de son existence plutôt que nous dévoiler celle-ci. Il parlera très peu de sa vie d'adulte qu'elle soit privée ou professionnelle. Il effleure ses écrits (juste ceux qui ont marché, ou ont été adaptés au cinéma), sa démarche, sa pensée et préfère s'attarder sur ses amis, ou s'extasier sur le beauté de la vie de famille.

Bref, Ballard passe son temps à éviter son sujet : lui-même. Et il le fait avec beaucoup de bonne humeur, de manière taquine, à peine dissimulée. Il en résulte un livre lumineux, qui, sans masquer certaines épreuves difficiles, préfèrent se concentrer sur les miracles de la vie que sur ses noirceurs. C'est joli quoi, mais aussi assez frustrant intellectuellement. Ballard nous donne tout de même quelques os à ronger quand il parle de ses idées saugrenues et mises en pratique (un concours de "littérature écrite sous stupéfiant" qu'une femme a remporté sous l'emprise de la pilule contraceptive, ou l'exposition très mal reçue d'épaves pour le conforter dans son envie d'écrire Crash!), ou de son histoire d'amour avec le whisky-soda. Mais on en restera là dans le décalage.

Un testament mignon et attendrissant, à contre-pied de ce qu'on attendait de la part de Ballard, mais qui affirme du coup qu'on a pas besoin d'être un punk cracra méchant et déviant pour être subversif, visionnaire et pertinent.

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21 novembre 2009

Chronique livre : Pastorale transsibérienne

d'Oleg Ermakov.

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C'est vraiment mieux en grand. Clique.

Intrigant livre que celui-ci, mêlant récit d'aventures et d'initiation. Un tout jeune homme russe fuit son service militaire. Dans l'immensité de la Sibérie, il devient garde forestier, fugitif, et kayakiste. Ce voyage est surtout l'occasion de parcourir les grandes étendues sibériennes et de porter sur cette nature sauvage un regard passionné.

On sent quelque chose de beau et profond dans l'écriture d'Oleg Ermanov. Elle est parfois très ample, lyrique. Il travaille beaucoup sur les atmosphères essayant de créer un monde très personnel, poétique. Les phrases sont courtes, rythmées, et plongent le lecteur dans un cadence soutenue. Un peu trop soutenue même. La pensée de l'auteur va souvent plus vite que la capacité d'absorption du lecteur. Le monde d'Ermanov est touffu et complexe, même si parfois lumineux, notamment dans ses descriptions de la nature. On se perd parfois entre ces multiples personnages dans la première partie du livre, et par la suite, on a du mal à comprendre l'enchaînement des situations. Difficile dans ces conditions là de bien suivre le fil, et le roman apparaît alors plus comme une succession de tableaux un peu décousus qui ont du mal à accrocher le lecteur.

L'intérêt a du mal à être soutenu, malgré quelques très jolies fulgurances stylistiques, et de parfois très magnifiques descriptions de la nature sauvage de la Sibérie. Un roman intéressant donc, mais dont les problèmes de clarté brouillent l'entière appréciation. Dommage.

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18 novembre 2009

Chronique livre : Crash

de J. G. Ballard.

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Ceci est une pomme accidentée. Clique.

Pfiou, je ne peux pas dire que je sorte de ce bouquin en sautillant partout en reniflant des fleurettes disséminées sous mes pas légers. Crash est un roman éprouvant, et rien d'étonnant que Cronenberg en ait fait un de ses films les plus dérangeants. Crash est une espèce de porno déviant qui sent la fin du monde, plein de bruit, de sperme et de fureur. Ecrit en 1973, le livre n'a en aucun cas perdu de son soufre : c'est ultra-moderne et nullement daté (juste peut-être dans les modèles de voitures, mais comme je n'y connais rien...). Personnellement restée scotchée et incrédule quand j'ai compris que l'histoire se déroulait à Londres, tant on a l'habitude que les univers ultra-urbains et déshumanisés soient plutôt américains, voire californiens. L'impact est d'autant plus fort puisque cette histoire se déroule dans l'univers habituellement cosy, rural et vieillot de l'Angleterre.

Crash raconte la fascination de son personnage (dénommé Ballard) et de sa belle femme, pour un certain Vaughan. Vaughan est un spécialiste de l'accident de voiture, et a développé une sexualité très particulière qui s'épanouit dans la tôle froissée, le verre brisé, et surtout les membres désarticulés, les cicatrices béantes. Nos deux respectables héros plongent peu à peu dans l'univers de Vaughan, et adoptent progressivement ses fantasmes. C'est très très cru, et pas forcément très ragoutant quand on est pas excité par les gros accidents de voitures. Mais on prend quand même une grosse claque en lisant ce bouquin.

Le regard de Ballard (auteur) sur ses personnages et surtout leur environnement est finalement assez froid. Les scènes de cul sont tristes à pleurer, le but n'est pas d'exciter le lecteur et le pousser à tamponner la bagnole de sa voisine pour avoir une érection, mais bien de décrire une société qui est arrivée au terme de quelque chose, une sorte d'aboutissement malsain, et dont les habitants dévient des standards pour se sentir vivants. La description de l'univers urbain, ultra-déshumanisé est scotchante. Au début du livre, le héros regarde depuis la fenêtre de son appartement au dixième étage : il ne voit rien d'autre que du béton. L'homme a tout colonisé, plus de place à la nature, étouffée sous des milliers de tonnes de macadam. L'immeuble est entouré par l'autoroute, l'aéroport, le centre commercial et les friches industrielles. La seule présence d'une quelconque "nature", c'est la prolifération de mouches se pressant sur les sucs divers de nos héros endormis dans une épave échouée sous la bretelle d'autoroute.

Les personnages sont arrivés au bout de ce qu'ils recherchaient : professions intéressantes et pas trop prenantes, argent. La femme roule en décapotable et passe son brevet de pilotage, le mari est publicitaire, pièce maîtresse dans la société de consommation. Pas d'enfant. Ce couple stérile, qui se perd dans des aventurettes sans lendemain, voit arriver Vaughan et ses perversions comme un aphrodisiaque à leur routine quotidienne. Ballard, loin de glorifier des pratiques sexuelles douteuses, en fait les conséquences déviantes d'une société consumériste à bout de souffle. Ajouter à ça que c'est magnifiquement écrit, et très honorablement traduit (malgré quelques tournures qui mériteraient sans doute d'être un peu modernisées), et on passe un grand moment.

Gerbant, mais un grand moment quand même. Et qui donne envie illico d'aller se faire des petits bisous dans les bottes de foin avec une petite robe en vichy rose.

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16 novembre 2009

Chronique livre : Comment les riches détruisent la planète

d'Hervé Kempf.

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Même si piquant, à protéger. Mets-y les doigts, et clique.

Voilà un bouquin essentiel à mettre entre absolument toutes les mains. Hervé Kempf est un journaliste tout ce qu'il y a de plus sérieux, qui sait que, justement pour être pris au sérieux, il y a nécessité à être factuel et précis. Son livre est donc complété par une très impressionnante bibliographie mêlant des références scientifiques, sociologiques ou économiques et extraits de journaux. Ses potentiels détracteurs devraient donc se casser copieusement les dents en essayant de discréditer ses théories. La très grande qualité de ce livre est de lier intimement écologie et social. Les "écolos", dont je fais partie, sont souvent considérés comme des doux rêveurs ou au contraire des ayatollahs capables de sacrifier père, mère, et humanité en général au profit des petits fleurs et des baleines. Kempf démontre par A plus B, que vouloir sauver l'homme et améliorer ses conditions de vie passe par la préservation et la restauration de l'environnement. La crise sociale actuelle est indissociable de la crise écologique puisque celle-ci provient de visions économiques toujours tournées vers le productivisme. L'équation croissance = travail est désormais obsolète, il y a nécessité à trouver des voies différentes, réinventées afin d'assurer à l'Homme et la planète une cohabitation plus harmonieuse et durable.

Les propos de Kempf sont très étayés, et le livre est vraiment passionnant, réussissant à mettre des mots sur ce qu'on intuite mais qu'on ne réussit pas forcément à verbaliser. Il cite notamment un économiste américain d'origine norvégienne du XIXème siècle, Thorstein Veblen, dont la pensée et les écrits sont totalement visionnaires et indispensables. Visiblement un grand mons ieur qui prend à contrepied toutes les postulats économiques considérés comme inamovibles. Brillant. Le livre est émaillé de phrases chocs et salvatrices, du genre qui surtout ne passeront pas à la télé car totalement subversives et dangereuses pour les pouvoirs en place : il est toujours tabou de dire qu'il faut moins consommer, que la croissance matérielle appauvrit la planète et donc les hommes, que notre démocratie chèrement gagnée est en danger par la faute d'une oligarchie toujours plus repliée sur ses inutiles amas de richesses. Le livre sous des dehors un peu éclatés entre écologie, économie, social, démocratie, fait le lien entre toutes ces notions et ose courageusement regarder les choses en face, de pointer du doigt les responsables (et les responsabilités sont très partagées), et de proposer des solutions.

A lire, à retenir, et à appliquer.

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13 septembre 2009

Chronique livre : Et si c'était niais

de Pascal Fioretto.

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C'est si simple de tomber dans les clichés. Clique.

Une bonne crise de rire à la lecture de ce bouquin dans lequel Fioretto, tout en bâtissant une histoire policière (ressemblant quelque peu à une mise en abyme de sa condition de pasticheur) pastiche 11 des écrivains français les plus vendus, et par conséquent pas les meilleurs (oups, j'ai dit ça moi ?).

Qu'on ait lu ou pas les auteurs pastichés, au final, a peu d'importance : Fioretto a un savoir-faire suffisant pour trouver le juste milieu entre grosse parodie et reproduction carbone du style de l'auteur pastiché. On admire ce talent, certains des auteurs étant au naturel tellement "énormes" qu'il a dû être très difficile de ne pas tomber dans l'excès. Et j'avoue que plusieurs fois, je me suis "laissée prendre", des idées telles que "oh, là, Notomb, elle s'auto-caricature"..."ah ben non, c'est vrai c'est un pastiche". Et ces pastiches sont un merveilleux révélateur des ficelles stylistiques des (f)auteurs.

Le pastiche constitue en ça une excellente critique littéraire, d'autant plus pertinente qu'il est rare de voir les critiques se pencher un tantinet sur la forme, le fond prenant constamment le pas sur le style. Alors forcément, en exacerbant les mécanismes de la forme, Fioretto révèle la personnalité des écri-vains, et certains ont dû grincer des dents, n'apparaissant pas sous leur meilleur jour. L'ensemble reste cependant très drôle, et n'empêchera personne de se gaver de Nothomb, ou Gavalda. Un bon trip.

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07 septembre 2009

Chronique film : Adieu Gary

de Nassim Amaouche.

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Pour être éblouis tout à fait, clic.

Charmant petit film que cet Adieu Gary, dont je ne savais absolument rien avant de rentrer dans la salle. Dans une belle cité ouvrière ensoleillée (d'Ardèche si je ne m'abuse), Samir revient au pays après un séjour en prison. Dans cette ville désormais sans usage (l'usine qui employait tout le monde est en train d'être démontée), le film oscille entre le récit du retour de Samir et la chronique villageoise.

Pas grand chose à reprocher à ce film. Amaouche a un vrai œil de metteur en scène, et démontre une belle maîtrise formelle. On est loin de la chronique naturaliste, le film étant très esthétique, avec une mise en valeur constante de ses personnages. Il aime ses protagonistes, et surtout les acteurs qui les interprètent, et Amaouche fait tout pour les mettre en valeur. Le film laisse par conséquent et rétrospectivement une impression lumineuse, chaleureuse et colorée, encore accentuée par l'utilisation très fine du son et des bruitages, qui donne un petit côté enchanté à cette histoire pourtant pas si drôle. La direction d'acteur mérite d'être soulignée, ils sont tous vraiment très bien. Amaouche sait parfaitement ce qu'il veut et réussit à l'obtenir, toujours à l'avantage de ses comédiens.

Là où le film pêche, c'est plutôt par son scénario, beaucoup moins fin que la mise en scène : dialogues pas toujours légers, situations caricaturales, symbolisme un peu appuyé. Rien de gravissime, d'autant qu'une très jolie scène de cow-boy (oui oui), laisse présager un certain talent à faire émerger des situations intéressantes. Mais ce handicap plombe quelque peu l'intérêt du film, qui paraît pour le coup trop gentillet et bien-pensant, sans que rien ne vienne vraiment gratter le poil. Un très joli coup d'essai cependant pour ce jeune metteur en scène fort prometteur.

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02 septembre 2009

La Gaule magnifique.

Couasne de Gaule, Dordogne, Août 2009.

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Si tu veux pas te faire gauler, clique.

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29 juillet 2009

Turgescence.

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Clique sur le zigouigoui impudique.

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01 juillet 2009

Chronique film : Antichrist

de Lars Von Trier.

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Tu doutes, je parie. Clique.

C'est marrant comme parfois, tout le monde (ou presque) a tort. Honnêtement, j'ai du mal à comprendre l'acharnement critique contre ce film : c'était très drôle d'entendre les protagonistes du Masque et la plume tourner en ridicule le film, mais franchement, ils étaient complètement à côté de la plaque. Antichrist est un objet fascinant, qui vous happe quasiment dès le début pour ne rien lâcher. Effectivement, le prologue, très lent, d'un noir et blanc léché, sur musique classique, est un peu clippesque et ne convainc pas tout à fait. Mais ce bémol passé, difficile de se détacher de l'écran, et même les 3 connards malpolis et ricanants devant moi, n'ont pas réussi à me déconcentrer de ce spectacle.

Nul doute que Lars Von Trier va mal. Et comme c'est un immense metteur en scène, au lieu de rester à se torturer dans son coin, il choisit pour exorciser ses démons de réaliser un film. Et quoi de plus logique pour exorciser ses phobies que de choisir de réaliser un film d'horreur ? Parce qu'en fait, Antichrist, c'est ça : un immense film d'horreur, balayant tous les codes du genre. C'est sans doute ça d'ailleurs qu'on reproche à Trier : un metteur en scène reconnu et sérieux n'a plus le droit, passé un certain stade de notoriété, de réaliser un film d'horreur. Antichrist c'est une plongée entre Bergman, Coraline, Bug et Evil Dead. Trier retourne à sa veine fantastique de l'Hôpital et ses Fantômes et c'est formidable.

Un couple perd son enfant. L'homme est thérapeute. Il est persuadé qu'il peut aider sa femme mieux que les petits cachets. Entre hypnose et thérapie comportementale, il entraîne sa femme dans le lieu catalyseur de toutes ses peurs : un chalet nommé Eden, perdu en forêt, et dans lequel la femme et l'enfant ont passé tout un été tous les deux, pour qu'elle finisse sa thèse sur les "Gynocides". Et là, ça part gravement en sucette. Visiblement, il y a quelque chose dans les bois.

Trier brasse allègrement les codes du genre : isolement du couple dans un univers cradouille et menaçant qu'il ne maîtrise pas (la nature, avec ses mystères, ses tiques, ses mammifères sanguinolents), vieux parchemins humides couverts d'images de bûchers et de tortures, révélation finale, ennemis intérieurs, ... on retrouve beaucoup de clichés, que Trier utilise allègrement de manière taquine : il se fait plaisir en pastichant ces éléments, mais le tout est tellement cohérent, tenu, qu'il réussit à entraîner tout ça dans son univers à lui. Malsain, entre kitsch gore, exubérance noire à la Bosch, métaphores appuyées, Trier ose tout, va jusqu'au bout de sa démarche et réussit tout : Antichrist fait peur, agresse, provoque, interpelle, questionne malmène. Et comme dirait G. "c'est tout ce qu'on demande à l'Art".

Alors vous dire si Trier est misogyne, moralement déviant, cul-béni, sadique ou je ne sais quoi, je n'en sais absolument rien (je défie bien quelqu'un de vraiment comprendre ce qu'il y a dans la tête de Lars Von Trier), et je m'en fiche un peu. La mise en scène est immense, inventive, audacieuse, les acteurs formidables, le twist final d'une classe aussi grande qu'inattendue, la bande-son obsédante. Un moment horrifique et unique.

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18 juin 2009

Naissance.

Dijon, mai 2009.

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Caresse avec ta souris.

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