05 décembre 2009
Chronique livre : L'île de béton
de J.G. Ballard.
Tente de cliquer pour renouer le lien.
Sacré Ballard. Il nous livre dans ce court roman une réflexion vertigineuse sur les dérives de la modernité, sur la fragmentation du monde qui provoque la fragmentation des êtres.Deuxième livre de la "trilogie du béton", débutée par Crash, l'île de béton est totalement cohérent avec son prédécesseur, tout en lui ajoutant une dimension supplémentaire.
Un architecte marié, avec maîtresse, rentre chez lui. Sur l'autoroute, dans sa Jaguar, il roule trop vite, et passe par dessous bord. Il échoue alors dans un terrain vague, entouré de remblais infranchissables sur lesquels reposent des bretelles d'autoroutes surchargées. Blessé, il devient incapable de s'échapper de cet enclos, coupé du monde, alors même que cerné de milliers de gens, qui ne font que passer à grande vitesse. Il espère que les secours vont arriver rapidement. Mais rien ne se pointe à l'horizon.
Ballard explore à travers ce livre à nouveau le thème du corps. Le corps du héros, habitué au confort de sa douillette vie va devoir s'endurcir, se modeler pour s'adapter à son nouvel environnement, sa nouvelle existence. L'île est son corps, pleine de vestiges d'humanité et de nature résistante, de fossés comme des cicatrices courants sur et sous la surface. On peut y voir une réflexion sur le corps, mais surtout une réflexion sur la place de l'homme dans son environnement. En se coupant de la nature, l'homme se coupe lui-même, et donc des autres. La fragmentation de l'espace provoque la fragmentation de l'être et par conséquent la perte de l'humanité et au final, la disparition de l'espèce. Ce n'est qu'en se reconnectant avec son milieu que le héros gagne en humanité, et retrouve (peut-être) les liens qu'il avait perdu avec sa famille.
Ce livre confirme donc avec force qu'il faut bien sûr voir en Ballard bien au-delà des apparences d'écrivain porno-trash de C rash, mais bien en un observateur lucide, un décrypteur implacable des travers humains et de leurs conséquences. Dur, essentiel et potentiellement bougrement cinématographique.
08 octobre 2009
Rail life XI.
Dans le train, aujourd'hui.
Clique.
On attend d'arriver.
En attendant d'arriver, on tente un petit somme.
En attendant un petit somme, on regarde défiler.
Et le paysage défile.
Et le temps file.
Et la vie passe.
A grande vitesse.
07 octobre 2009
Rail life X.
Dans le train, septembre 2009.

Train Chaos Fatigue
Les repères s'effondrent
Clique.
09 septembre 2009
Chronique livre : Les heures souterraines
de Delphine de Vigan.

Clic-clac. Avec la souris. Dessus. Hop.
Livre lu en avant-première dans le cadre du prix Fnac de la rentrée littéraire 2009, et à l'inverse de La Perrita précédemment commentée, un peu plus surprise de ne pas le voir apparaître dans la sélection. Non pas que le livre m'ait absolument renversé, il souffre quand même d'un gros défaut de construction, mais il me semblait que son sujet et traitement possédaient une charge émotionnelle suffisante pour bousculer le lecteur.
Delphine de Vigan construit un roman urbain, mêlant deux histoires : celle d'une femme active prise dans la spirale infernale du harcèlement moral, et celle d'un médecin usé. L'écriture est sèche et nerveuse, parfois audacieuse, assez moderne, malheureusement parasitée par des tics d'écriture assez désagréables (répétitions des débuts de phrases notamment, trop systématiques). Malgré cela, on se passionne, et on souffre pour cette femme torturée par son boss. Les mécanismes du harcèlement moral sont décortiqués avec minutie et m'ont fait hurler à l'injustice. De Vigan excelle également à plonger ses personnages dans cet univers urbain étouffant et carnivore de la région parisienne, c'est une belle réussite.
En comparaison, l'histoire du médecin manque de rigueur, oscillant entre histoire d'amour et usure professionnelle. On se demande bien ce que vient faire là cette histoire d'amour, alors que le sujet du roman est visiblement ailleurs, entre aliénation au travail et aliénation à la ville. Cette faiblesse déstabilise l'ensemble de l'édifice, rendant le roman boiteux et inégal. L'impression à la sortie du livre est par conséquent assez mitigée, mais au final, c'est tout de même elle qui gagne, puisque deux mois après la lecture du livre, il continue à me flotter dans la tête. Frontal, inconfortable, Les heures souterraines est un livre intéressant, et, bien qu'imparfait, me paraissait un meilleur candidat à la sélection des adhérents que La Perrita d'Isabelle Condou, certes, sans doute plus abouti, mais plus classique.
06 février 2009
Regarder passer la vie.
Novembre 2008.

Regarde un peu plus près : clique.
02 février 2009
Rail-life VII.
Dans le train, janvier 2009.

Clique sur la troisième goutte en partant de la droite.
06 décembre 2008
Rail-life VII.
Dans le train, décembre 2008.

Toujours plus, clique sur la montre.
05 décembre 2008
Rail-life VI.
Dans le train, décembre 2008.
Essai de recadrage suite à la proposition de la belle et très talentueuse Lili.
J'avoue, je n'arrive pas à trancher.
22 octobre 2008
Rail-life V.
Dans le train, octobre 2008.
21 octobre 2008
Rail-life IV.
Dans le train, octobre 2008.
Apprendre à se soustraire du tumulte.
Roulement monotone du train.
Ouverture des portes automatiques.
Une fois.
Deux fois.
Vingt fois.
Apprendre à oublier les basses.
Infiltration par les oreillettes.
Rap et baroque indissociables.
Boum.
Boum.
Boum.
Apprendre à rester zen.
Chérie, je peux pas te parler.
Je suis dans le train.
Allô...
Allô...
ALLÔ ?
Et lire.
Peut-être.










