Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

16 octobre 2009

C'était la première fois que le soleil pénétrait dans la grotte...

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Tapote le fauteuil pour faire s'envoler la poussière.
(Clique en gros)

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26 septembre 2009

Chronique théâtre : La mardi à Monoprix suivi d'Auteurs vivants

d'Emmanuel Darley.

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Un peu facile l'illustration, je suis d'accord. Que ça ne t'empêche pas de cliquer.

Une excellente idée de publier ce très beau texte d'Emmanuel Darley. Une occasion pour moi de découvrir cet émouvant monologue. On reconnaît le style Darley dès les premières phrases. Quiconque n'en a jamais lu/entendu se sentira peut-être un peu perdu au début. Par contre, ceux qui tâtent un chouia l'écriture Darleyienne se vautreront avec délices dans ce langage parlé mais très écrit, ces phrases bousculées, chamboulées, fracturées, claudicantes, dont les vides, les manques, les absences sont pleins de sens et d'émotions.

Le Mardi, depuis que sa mère est morte, Marie-Pierre vient aider son père à tenir son ménage, et à faire les courses. A Monoprix. Et pour Marie-Pierre, bien que contente d'aider son père, revenir dans la ville de son enfance est une épreuve. Le regard des autres, et le regard de son père ne sont pas simples à encaisser. Il faut dire qu'avant, Marie-Pierre s'appelait Jean-Pierre. Marie-Pierre décrit donc un mardi avec son père, et c'est magnifique et très émouvant. Elle raconte comme elle le sent, dans sa façon de parler à elle, sa joie de venir aider son père, et sa peine aussi que son père ne l'accepte pas "telle quelle", sa détermination à se faire tolérer comme elle est.

Le mardi à Monoprix est une petite chose très simple, très douce en apparence et qui cache derrière cette simplicité la très grande violence du regard des autres, du poids de ce regard quoi qu'on fasse et quoi qu'on assume. Les deux premières phrases sont en ce sens superbes : "Tout le monde me regarde le mardi. Tout le monde./Me regarde avec le coin de l'oeil comme si discret mais en fait pas du tout." Et on sent que l'incapacité du père (ou sa très grande difficulté) à accepter l'évolution de son enfant est conditionnée par la peur du regard des autres. Et ce regard des autres justement est petit, bouffé de curiosité malsaine, lié au rejet de l'inconnu, du différent, à la crainte de l'autre qu'on ne comprend pas. Une peur vite transformée en haine, qui se retourne contre Marie-Pierre. Marie-Pierre, un magnifique coeur simple qui paie cher le fait d'être "telle quelle".

Darley évite cependant tout manichéisme en introduisant furtivement un joli personnage féminin, amie du père, qui sert de contrepoint à la noirceur ambiante. C'est un révélateur des sentiments cachés paternels,  comme ça, mine de rien. Un texte tourneboulant donc. A lire, à voir. Hop hop.


Le Mardi à Monoprix est suivi d'une autre pièce, beaucoup plus légère : Auteurs vivants. Une répétition de Corneille par une troupe classique est prise en otage par des auteurs "vivants" désireux de voir leurs textes montés sur une scène. Le début est vraiment poilant : très drôle de voir ces comédiens pouet-pouet (des sociétaires...) pour lesquels le comble de l'audace est d'intervertir deux mots et pris de panique à l'idée de jouer une phrase dont la construction n'est pas parfaite. On n'est un peu gêné cependant par le côté "private joke" de l'exercice, un peu un défouloir, règlement de comptes. Outre cette petite réserve, on passe un très bon moment avec ce texte, qui doit être franchement rigolo à monter.

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13 août 2009

Chronique théâtre : La Mastication des morts

de Patrick Kermann.

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Tire lui l'oreille avec la souris pour vérifier qu'il est bien mort.

Très beau texte que ces mastications. Kermann réveille les morts d'un petit cimetière de campagne pour écouter ce qu'ils ont à dire. Et ils en ont des choses à dire : des choses qu'ils n'ont jamais osé dire, propos qu'ils ressassent à l'envie, des comptes à régler, des aveux à faire. Entre les générations, entre les familles, des liens se tissent. C'est à la fois très drôle et poignant d'écouter ces paroles : souvent dérisoires (genre "Mais où j'ai bien pu mettre mes clés"), émouvantes ou sordides, presque toujours écrites comme les gens parlent.

C'est assez fascinant de reconstituer le puzzle de la vie de ce village, de voir comment la nouvelle génération de Bigot a réussi à déjouer la bigoterie des ancêtres, de découvrir qui a, en fait, trafiqué la solex, de plaindre le soldat allemand, qui a eu la malchance de mourir là, en terre ennemie. C'est brillamment écrit, rythmiquement impeccable, beau et triste comme la vie. Kermann a mis fin à ses jours un an après avoir écrit La mastication des morts. Un sujet qui le tenaillait donc.

Photo prise au minuscule mais très intéressant Musée François Rude, à Dijon.

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25 juillet 2009

L'attente.

Avignon, 18 juillet 2009.
Cour d'honneur du Palais des Papes.
En attendant (A)pollonia de Krzysztof Warlikowski.

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Pour connaître le programme, clique.

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01 février 2009

Chronique théâtre : Septembres

De Philippe Malone
Mise en scène Michel Simonot
Avec Jean-Marc Bourg et Franck Vigroux (musique).

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Photo : PM

Je vous avais déjà prévenus ici, la mise en scène de Septembres risquait de faire date. Et ce sera probablement le cas ... malgré quelques réserves. Il fallait un courage certain et certainement un bonne dose d'inconscience pour s'attaquer à ce texte magistral, à la fois limpide et ardu.

Le parti pris audacieux, casse-gueule et évident de vouloir mêler intimement le texte à de la musique est judicieux. Les mots de Malone, travaillés, ciselés au millimétre, ont une rythmique interne d'une rare puissance. Ça se bouscule, s'entrechoque, tourbillonne, s'arrête, repart, et tout ça dans un seul souffle. On est happé par cette spirale, étourdi, perdu parfois, mais finalement, on se retrouve, bousculé, les émotions en vrac. Franck Vigroux a parfaitement compris le processus. Avec ses machines, ses boîtes à klong, ses pédales à burp, et sa guitare, il produit une partition d'une incroyable puissance qui prend aux tripes, épouse le texte, ou vient au contraire le malmener. C'est grand.

Le souci vient d'ailleurs : une mise en scène assez floue et une manière de dire le texte, heurtée, fractionnée. On sent le travail de Jean-Marc Bourg colossal de précision mathématique, pour réussir à extirper tout son sens du texte. Le résultat est le découpage de cette unique phrase, sans aucune ponctuation, en plusieurs chapitres bien distincts, durant lesquels les mots sont clamés, martelés. Cette recherche obsessionnelle du sens et l'utilisation perpétuelle de l'amplification est, à mon sens, un contresens. Elle brise toute l'intimité du texte, son flot naturel. Le texte de Malone est suffisamment puissant pour qu'on le comprenne sans qu'on ne nous l'explique. C'est justement là sa force, ce souffle incroyable qui fait naître le sens de l'émotion, elle-même jaillissant du chaos et de l'harmonie des mots. Manque de confiance vis à vis du texte, ou plutôt besoin viscéral de tout contrôler, Jean-Marc Bourg livre au final, une prestation assez rigide, brisant la rythmique interne naturelle des mots et qui ne réussit qu'en de rares occasions à faire jaillir une émotion pourtant débordante.

Reste un projet incroyablement audacieux, à la puissance textuelle et sonore indéniable, mais qui au final se cherche encore un peu. Affaire à suivre.

Pour aller plus loin avec Septembres sur Racines : ici.
Pour aller plus loin avec Malone sur Racines :  voir la rubrique "
Chroniques théâtre"
Pour aller plus loin avec Septembres sur le net parce qu'il faut pas être bouché :
et là aussi.

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26 novembre 2008

Chronique théâtre : L'Entretien

texte de Philippe Malone,
mise en scène de Fabrice Andrivon.

Acte III de la journée consacrée à l'écriture de Philippe Malone,
en la bonne ville de Marvejols, en le bon
TMT.

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Clic.

Difficile défi que celui de monter ce texte : la pièce est magnifique mais d'apparence ardue et la production, fauchée. Le résultat n'en est que plus surprenant, voire héroïque. Je ne m'étendrai pas sur le texte que j'ai déjà commenté ici.

La mise en scène de Fabrice Andrivon est radicale dans sa forme. Quatre actrices face au public, chacune cantonnée dans une étroite bande de scène. Leurs mouvements sont limités, mais pourtant millimétrés. Une simple lampe qui pendouille suffit à délimiter deux espaces distincts maison / entreprise. On est pas dans l'explicatif ici, mais on est dans le signifiant, le réfléchi, le genre de mise en scène qui ne prend pas le spectateur pour un crétin. Audacieux aussi le choix des costumes : des bleus de travail pour les salariés, tailleur pantalon pour la cheffe d'entreprise. La caricature n'est pas loin, et pourtant, ces choix très affirmés font des personnages des symboles universels de ce fossé social entre dirigeants et travailleurs. C'est bien vu. Les projections vidéos sur le décor sont discrètes, mais toujours judicieuses : le compte jusqu'à 200 introductif et très lent hérisse quand on en comprend la signification, les scènes de grèves, l'éclosion sensuelle de ces fleurs colorées et ces vues poignantes d'usines en ruine, autant d'éléments hétéroclites qui réussissent à placer le spectateur dans une atmosphère puissante, sans pour autant perturber l'écoute du texte. Cette mise en scène sobre et pourtant indispensable réussit en effet à donner toute sa place au texte.

Les actrices semblent globalement avoir compris l'importance des mots et de sa mise en forme. Elles parviennent toutes les quatre à endosser leur rôle avec courage et à le faire vivre de belle manière. La mise en scène réussit le tour de force d'à la fois vraiment mettre en danger les actrices (jouer toute la pièce face au public, éclairages parfois un peu rudes pour l'ego, costumes rustiques, pétage de plomb impromptu...), mais de respecter chacune, de les mettre en valeur de manière équilibrée. Pour avoir vu deux représentations de suite, très différentes, c'est vrai qu'on sent l'ensemble encore un peu fragile, manque de moyens et de répétitions sans doute. Quelques bourdes de textes, de synchronisation entre les actrices, une deuxième partie qui a une petite tendance à manquer unchouia de rythme, une intrusion de la musique en live de temps en temps un peu maladroite... rien de fondamental, mais des petites choses qui devraient se régler au fil des représentations. Reste quel'Entretien tient toutes ses promesses.

On passe en 1h20 par toute un palette d'émotions fortes : indignation, colère, tristesse, incompréhension, joie, interrogation. La pièce touche, bouscule, malmène parfois, et c'est salvateur. Une grande réussite. Et j'espère une future grande tournée mondiale.

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Ca c'est l'affiche, classe non ?
Mais qui donc a bien pu prendre cette belle photo ?
indice : pas moi, mais une fidèle lectrice de ce blog.

Tous les renseignements . A noter qu'avant la probable tournée mondiale, il y a une tournée lozérienne. La pièce sera jouée à Florac le 7 février et à Mende le 22 avril.

A lire aussi Acte I et Acte II.

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25 novembre 2008

Chronique théâtre : lecture de Septembres

de Philippe Malone par Philippe Malone.

Acte II de la journée consacrée à l'écriture de Philippe Malone
en la bonne ville de Marvejols, en le bon
TMT

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Clic.

La lecture de Septembres, nouveau texte de l'auteur, fût un moment particulièrement émouvant de la journée. Emouvant par son thème, par une sensation de création en cours, par la voix et le souffle fragiles de l'auteur face à son texte. Septembres est un long poème, sans point, ni virgule. Une seule longue phrase pour décrire un processus de déshumanisation, pour tenter de cerner ce qui fait qu'un enfant bascule dans le terrorisme. Le principe de la phrase unique nous pousse à envisager l'histoire comme un tout, une globalité, plutôt qu'une succession de faits. Cette vision holistique permet à l'auteur d'aborder son sujet sous un biais humain, émotionnel, dépouillé de l'aspect documentaire. La grande force de l'oeuvre de Malone est justement de réussir à replacer l'Homme, à la fois victime et bourreau, dans un contexte beaucoup plus vaste, politique, économique. Pas d'angélisme, ni de diabolisation, mais une manière d'aborder le sujet de manière profondément humaine. Autant dire que ça fait mouche, et pour peu qu'on accepte de se laisser porter par ce fil, ce flot, ce mouvement, on en ressort bouleversé. La voix douce de Malone flageole parfois, bute de temps en temps, le souffle est court, et pourtant toujours justement placé. On s'accroche à cette fragilité, à ce souffle qui ne rompt pas, happé par cette spirale magnifique et vertigineuse de mots. Un très bel instant suspendu, pour un très grand texte.

L'acte I ici et l'acte III .

A noter, Septembres sera créé au théatre d'O à Montpellier du 21 au 30 janvier 2009, mise en scène de Michel Simonot avec Jean-Marc Bourg, puis repris à Marvejols le 31 janvier. Ca va être énorme !

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24 novembre 2008

Chronique théâtre : lecture de III

par le Théâtre Narration, texte de Philippe Malone.

Prologue

Le vendredi 14 novembre 2008, The Place To Be, c'était Marvejols, bourgade lozérienne, qui ferait passer le Périgord pour un pays civilisé. Heureusement, bravant le froid, le vent, les liaisons TER hasardeuses, et l'odeur de vache du voisin de mini-bus, j'y étais. Pour quoi y faire me direz-vous ? Quel événement d'une telle importance pour me pousser dans cette cascade de risques inconsidérés ? Et bien le Théâtre de la Mauvaise Tête (TMT), îlot culturel précieux dans cette sauvage et lupiforme contrée, a eu la bonne idée d'accueillir une journée organisée autour de l'écriture de Philippe Malone, auteur de théâtre contemporain, dont je vous ai déjà entretenu à maintes reprises, ici, , et encore ici. Au programme une lecture de III par le Théâtre Narration (la critique du texte à suivre), une seconde lecture par l'auteur himself de sa nouvelle création Septembres, et enfin l'Entretien, cette fois-ci en pièce montée par Fabrice Andrivon, metteur en scène du TMT.

A l'issue de la journée, et pour paraphraser l'ami F., on s'aperçoit que, tout de même, l'écriture de Philippe Malone "c'est pas rien", et qu'on assiste progressivement à la naissance d'un grand écrivain, et poète, dont l'écriture millimétrée, et le goût pour la forme, ne sont que les véhicules d'un univers, d'une pensée profonde, acérée, ancrée dans le monde actuel. Mais revenons à nos Aubracs.

Acte I : lecture de III par le Théâtre Narration

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Pour mieux lire le grand William, clique.

Ne connaissant pas ce texte, passant pourtant pour un des meilleurs de son auteur, j'attendais avec impatience cette lecture. Une petite moitié de la pièce lue durant cette session, de quoi découvrir le texte, et de donner envie de lire a suite. La principale et inestimable qualité de cette lecture est qu'elle donne véritablement à entendre le texte. Les comédiens n'essaient pas de se mettre en avant, mais respectent scrupuleusement le texte et sa typographie, sans pourtant se laisser grignoter par lui. Ils trouvent la bonne distance par rapport à cette hallucinante transposition du Richard III de Shakespeare dans le monde politico-economico-humain actuel. Une mention spécial à l'acteur jouant Richard, vraiment habité par le texte. Il réussit à complètement faire oublier le volume qu'il garde dans les mains durant la lecture. Alors évidemment, on espère que le Théâtre Narration réussira à monter ce texte, qui visiblement et à très juste titre, semble leur tenir particulièrement à coeur. Très bon moment.

A lire aussi Acte II et Acte III.

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11 mai 2008

Chronique pièce : Xitation

d'Emmanuel Darley.

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Xitant ? clic sur l'image.

Une bien jolie réussite que ce court dialogue décalé et tordant, sur un gars et une fille un peu quiches en plein apprentissage de l'amour. Il tente de lui apprendre les gestes, elle s'exécute sans trop rechigner, mais en ce demandant bien, tout de même, à quoi ça sert tout ça. On reconnaîtrait l'écriture économe de Darley entre mille (j'aime bien me la péter parfois), succession de courtes phrases tronquées, mais signifiant plus qu'une tartine de texte. Le dialogue décortique mécaniquement les gestes de l'amour, la position des corps, la succession des "liminaires", mais sans la flamme, sans sentiment. Les deux personnages sont des espèces de robots, qui connaissent bien la leçon, mais n'ont pas la flamme, symbole d'une société de l'image, de l'information, où les gamins engrengent des connaissances sans avoir la maturité nécessaire pour les mettre en pratique, ou le "cérébral" prend le pas sur le corporel (cérébral est un grand mot, ils sont quand même franchement niguedouilles) ? On pense forcément à la première scène de roulage de pelle de Norway of Life, un baiser mécanique, automatique, sans recherche de plaisir, juste pour "faire comme".

M'est avis qu'il faudrait une bonne dose de, pour réussir à monter Xitation, et aussi une certaine. Y'aurait-il un metteur en scène assez, pour ? En espérant que le passage de Darley à la Comédie française, permette l'édition de ce texte mignon comme tout, et beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît.

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29 avril 2008

Chronique pièce : Être humain

d'Emmanuel Darley.

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Clic sur l'image pour plus grand.

Retournée comme un Pancake sans sirop d'érable par ce texte bouleversant d'Emmanuel Darley. Être humain est le récit (un récit) de la prise d'otage d'une maternelle par Lui. Lui, c'est HB, human bomb, human being, et finalement être humain, malgré tout. La pièce renverse les rôles, faisant de Lui, un homme sans vie, perdu, déjà mort, qui ne semble chercher, dans un dernier élan, qu'un peu de lumière. Face à lui, la société, les autorités, pompiers et policiers, professionnels, ne sont pas là pour comprendre, mais dérouler les mécanismes de sauvetage appris par anticipation. Pour eux, c'est aussi le grand jour, leur instant de gloire, l'accomplissement de leurs désirs. Ils jouissent de ce moment, les hormones au taquet. Assistant à l'histoire l'institutrice finit par éprouver de l'empathie pour Lui, classique syndrome de Stockholm, mais également reconnaissance d'un homme à la dérive. La soeur du preneur d'otage intervient pour tenter de raccrocher son frère à une vie qui l'a abandonnée.

Pièce "chorale" d'une grande douceur et d'une grande violence intérieure, où les voix s'élèvent successivement, Être humain est magnifique de bout en bout, confrontant des vies aux destins entremêlés, mais qui ne sont que des blocs de solitude impénétrable. On pense à Nancy Huston évidemment, pour la construction, et l'humanité déchirante du propos, cet essai incessant de s'approcher de la vérité, d'une parcelle de vérité, en multipliant les points de vue. La pièce interroge également et subtilement sur la responsabilité collective des pétages de plombs individuels. L'écriture, Darleysienne, économe reflète le délitement du personnage, par le désordre et la perte des mots. Mais jamais du sens. Un grand moment.

Un peu plus de Darley par .

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