Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

15 décembre 2009

Rhino.

Paris, musée d'Orsay, novembre 2009.

Le rhinocéros est un loup pour l'homme dit-il.
Et il changea de direction.

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Clique sur l'image. 

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29 novembre 2009

Chronique livre : Eloge de rien dédié à personne, avec une postface

de Anonyme.

 

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Rien. Ou presque. Clique moins que.

Précieuse décidément que cette petite collection Allia. Tombée par hasard sur cette tout petite chose rigolote comme tout, et plus profonde que sa légèreté apparente ne le laisse supposée. Ecrit par un certain Louis Coquelet et publié pour la première fois en 1730, cet éloge est en fait une variation autour du mot Rien. Reprenant tous les usages qui sont faits de ce mot qui veut tout et rien dire, Coquelet rédige un tout petit traité satirique (des éloges de tout et n'importe quoi étaient à la mode en ces temps là), et cinglants, qui mine de rien mériterait une analyse philosophique plus poussée que ce que je pourrai faire.

Au-delà de l'agilité stylistique de l'auteur, réussissant à triturer la langue et les usages du mot Rien jusqu'aux limites du sens, on réussit à discerner les coups de griffes aux puissants et aux bien-pensants de tout poils. On discerne derrière les coups de raquettes de l'auteur, une sympathie particulière pour Boileau et son "Qui vit content de rien possède toute chose", bien que par la suite, il démontre que de ne rien avoir peut également être source de beaucoup de maux. Il poursuit également par l'absolue nécessité du rien. Pour preuve, le grand malheur de ce qui n'espèrent plus Rien.

C'est alerte, intelligent et malicieux. C'est Rien, et donc totalement indispensable.

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24 novembre 2009

Chronique livre : L'incident

de Christian Gailly.

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Incident. Clique.

Jolie petite chose que cet Incident, fidèlement mise en image par Resnais sous le titre Les Herbes folles. Rien d'étonnant que ce petit bidule fantaisiste, plein de mystère ait tapé dans l'oeil du maître. Resnais a pris au mot Gailly et à mis en image, littéralement, sa prose. On a l'impression de lire le scénario du film tant il est fidèle. Les seules différences résident dans les points les plus sombres de l'oeuvre initiale, qui ont été tirés vers la lumière par le cinéaste. Difficile donc de se détacher du film pour parler objectivement du film. Cependant, la lecture est très agréable. Gailly a un style bien particulier, qui n'est pas sans rappeler celui d'Emmanuel Darley : phrases tronquées, langage parlé, écrit au millimètre. L'univers est totalement foldingue, plus inquiétant que chez Resnais, vraiment particulier. C'est un peu aussi sa limite. L'Incident est une mignonne histoire bizarre qui se déguste comme un bonbon : beaucoup de plaisir sur le coup, mais très vite digéré.

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14 novembre 2009

Chronique livre : Par effraction

d'Hélène Frappat.

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Quelle limite entre curiosité et intrusion ? Clique.

Beau petit objet que ce court texte d'Hélène Frappat. Beau et mystérieux. Difficile en effet d'y voir clair au travers de ces 2 ou 3 récits entrecroisés, parallèles ou imbriqués. Frappat décline son thème de l'effraction, plus précisément l'effraction dans la vie de quelqu'un, sous différentes formes.

Une effraction psychique tout d'abord, avec l'histoire d'une enfant, A., qui a le pouvoir d'entendre ce que pensent les adultes et donc par conséquent d'entrer dans leurs têtes sans qu'ils le sachent. Puis au coeur même de cette première histoire on trouve une digression vers une autre effraction, celle de Sabrina. Enfant pauvre, Sabrina s'introduit chez les parents riches d'une de ses camarades de classe lorsqu'ils sont absents. L'effraction est donc cette fois matérielle, et c'est bizarrement la seule qui provoque une réaction chez les personnes touchées par l'effraction. Les gens se sentent envahis par cette présence de moins en moins discrète (objets déplacés etc…) et agissent en conséquence, en faisant enfermer l'enfant dans une maison de redressement. La dernière effraction est celle de la narratrice (ou plutôt de celui qui lit, puisqu'elle utilise, comme Butor en son temps, le pronom vous) dans la vie d'une jeune fille Aurore, dont elle (dont on) suit la vie depuis sa naissance jusqu'à ses fiançailles, au travers de vidéos super 8 achetées sur le marché aux Puces. Contrairement à ce que j'ai lu ailleurs, je n'ai pas l'impression qu'on sache vraiment si cette Aurore et la petite A. sont deux personnes distinctes ou la même fi lle.

En utilisant ce pronom "vous" Frappat frappe un grand coup (oh ça va hein), puisqu'elle place le lecteur dans la position du voyeur, de celui qui s'introduit dans la vie de l'autre, dans la tête de l'autre. Cependant cette intrusion a une limite très claire, puisqu'après avoir visionné les bandes, la narratrice refuse de pousser ses investigations pour savoir qui est vraiment Aurore. Pourtant de nombreux indices parsèment le film. Mais la narratrice accepte de s'arrêter à ce que celui ou celle qui a abandonné ces bandes vidéos a accepté de partager. Réflexion sur l'incursion du regard de l'autre dans la vie privée, Par effraction est comme un signal d'alarme aux lecteurs un peu trop curieux, comme un avertissement à ceux qui souhaiteraient aller plus loin que ce qu'on leur donne à voir et à ressentir.

 

Le livre est construit en chapitres très courts et très rythmés. On sent que Frappat maîtrise à perfection la langue française : Par effraction est extrêmement bien écrit. Malheureusement, à force de mystères et de brouillage de pistes, on reste toujours un peu extérieur au dispositif (brillamment intelligent) mis en place, et le roman ne touche pas beaucoup même s'il intrigue férocement. On oubliera très vite par exemple ces séquences de rêverie (?) typographiées en italique, pour retenir le désarroi de la jeune A. face à son encombrant don de lecture dans les pensées, et le sourire immuable de la jeune Aurore sur des bandes super 8 achetée aux Puces. C'est déjà pas mal.

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24 octobre 2009

Elle est pas fraîche ma babiole ?!?

Bruxelles, Place du Jeu de Balles, Octobre 2009.

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A ta place je cliquerais sur l'image.
Après, chacun fait sa vie.
Je peux pas obliger les gens à prendre la bonne décision.

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19 octobre 2009

Apprendre de ses aînés... ou pas.

Rome, Août 2008.

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Maaaaaa, clique !

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18 octobre 2009

Chronique film : Fish Tank

d'Andrea Arnold.

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Tu as raison petit, fuis fuis, et ne te retourne pas !
Et toi lecteur, clique.

J'ai un peu attendu pour voir ce film, de peur que ce soit une énième chronique Loachienne de l'adolescence misérable dans les banlieues anglaises. J'avais tort. Fish Tank m'a foutu une patate pas possible tant il y a de vie là-dedans, d'énergie, de force.

Certes il s'agit bien de l'histoire d'une ado dans une banlieue misérable anglaise. Mais si le contexte social est bien présent, il ne sert en fait que de support, de ferment à l'histoire de Mia (incroyable Katie Jarvis), 15 ans, mal embouchée, mal polie, violente, intenable, à la fois enfantine, et mature, qu'on autant envie de baffer que d'aimer. Pas difficile d'expliquer le comportement de Mia : un quartier pourri, une mère instable et immature, un gros manque d'éducation, la nécessité de s'imposer pour survivre ... même si tous ces éléments sont bien présents, ce n'est pas ça qui intéresse Andrea Arnold. Plutôt que d'exposer longuement la misère, elle colle aux basques de Mia. Et ça va vite. Mia marche, court, danse. Mia frémit du haut de ses 15 ans et de ses hormones agitées. Mia fait parfois n'importe quoi, mais elle vit. La réalisatrice saisit les moindres émotions de l'ado, capte son énergie. Elle réussit à ne pas sombrer dans le piège du naturalisme brut, et se permet des échappées poétiques, sensibles qui suivent les émotions de Mia (superbe scène de kidnapping dans l'estuaire de la Tamise).

On peut sans doute lui reprocher une certaine lourdeur symbolique (la tentative de libération du cheval blanc, mouarf) et un recours un peu trop fréquent au ralenti pour souligner l'éclosion de la sensualité... cependant, force est de constater que ça fonctionne, et qu'on est suspendu à la caméra, comme au souffle de l'héroïne. La dernière scène est magnifique, une scène sans parole entre la mère (impuissante, enfantine, dévastée par le chagrin), Mia (cheveux détachés, comme le signe d'un passage à l'âge adulte), et la petite soeur (qui suit le chemin de son aînée). Elles dansent ensemble, ensemble pour la première fois depuis le début du film.

Et ça n'est qu'à la fin qu'on repense au volet social, en constatant qu'une société qui gâche une si belle énergie, qui est incapable de se rendre compte du potentiel à côté duquel elle passe, est une société à l'agonie. Un superbe moment en tous cas. L'a bien mérité son prix du jury à Cannes Andrea !

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27 septembre 2009

Mimines.

Dijon, aujourd'hui.

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Pour la voir grandir, clique.

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23 septembre 2009

Autoportrait en petite saucisse.

Dijon, aujourd'hui.

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Clique pour agrandir, mais ça va pas déplier la saucisse.

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04 septembre 2009

Chronique film : Le temps qu'il reste

d'Elia Suleiman.

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Combien de temps il reste ? Clique sur l'igyène.

N'ayant pas vu Intervention divine, et me souvenant des critiques élogieuses du Temps qu'il reste lors de son passage à Cannes, c'est avec envie que je suis entrée dans la salle. Et si le début du film a complètement remplie mes attentes, mon intérêt s'est peu à peu effiloché au cours du film, pour reprendre un tout petit poil de la bête à la toute fin.

Le film raconte l'histoire d'une famille palestinienne restée à Nazareth après la création d'Israël en 1948. Le récit est en partie autobiographique, composé d'un prologue magnifique (le chauffeur de taxi, perdu sous un véritable déluge, qui a perdu sa route), et de 4 épisodes chronologiques de la vie de la famille : 1948, l'enfance de Suleiman, son adolescence et aujourd'hui. La première partie, pourtant la moins factuelle puisque Suleiman n'était pas encore né, est vraiment la plus réussie. Retraçant de manière faussement légère la colonisation israëlienne de Nazareth, Suleiman réussit une vingtaine de minutes totalement subversives et poignantes. C'est filmé avec distance et élégance, sans beaucoup de paroles. Suleiman fait confiance à l'intelligence du spectateur et évite ainsi d'être inutilement et lourdement explicite. C'est très très beau.

Malheureusement, plus les âges de Suleiman avancent, et probablement plus ses souvenirs sont nombreux, moins le film réussit à garder cette noirceur et cette profondeur, pour glisser progressivement vers la chronique familiale. L'Histoire retracée au travers d'une histoire de famille devient une histoire de famille sur fond d'Histoire, et c'est nettement moins intéressant, même si très attachant. On saisit alors tous les tics comiques de Suleiman, ses personnages immobiles, présents mais absents comme l'indique le sous-titre du film, finissent par ne plus faire rire, et même un peu agacer. J'irai jusqu'à dire que le film manque globalement de finesse dans ses deux dernières parties, malgré quelques moments vraiment très jolis (le fils qui regarde la photo que sa mère ne veut jamais lâcher et qui représente son père dans l'exacte position que sa mère occupe tous les jours de la fin de sa vie).

Pas une entière réussite donc, mais le film mérite cependant d'être vu, pour son sublime "prologue" et sa très belle première partie.

Posté par AnneduPerigord à 18:42 - Chroniques Cinéma - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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