11 novembre 2009
Chronique film : Les Herbes folles
d'Alain Resnais.
Herbes folles sous les feuilles mortes. Clique.
Un coup de tête au milieu d'un énième carambolage Ballardien (vous comprendrez plus tard), et me vo ici direction Les herbes folles de sieur Resnais. Je n'avais pas été vraiment emballée emballée par Coeurs (glacial et poussiéreux dans mon souvenir), mais tout de même, ayant le choix entre Jeunet et Resnais, je n'ai pas hésité longtemps. Bien m'en a pris, puisque les herbes folles, à l'image de son titre, est une petite pépite pétillante (répétez 20 fois les trois derniers mots très vite), complètement zinzin, qui n'arrive jamais là où on l'attend. A la fois drôle et léger, ou parfois étrangement inquiétant et angoissant, Les herbes folles ne se laissent pas facilement apprivoisées.
Je vous résume vite fait : Marguerite Muir se fait voler son sac en sortant d'une boutique chic de chaussures. Georges Palet retrouve le porte-monnaie de M. Muir dans le parking souterrain d'une galerie commerciale. Nos deux héros ont chacun une vie bien rangée : Georges a une belle maison, une belle femme (décidément délicieuse Anne Consigny), de beaux enfants (ultra-bright Duvauchelle et Forestier), et une belle pelouse bien tondue. Marguerite est une dentiste à la salle d'attente bondée, au joli appartement et à la collègue et amie chic-chic. Mais nos personnages sont des scotchs double-face : le porte-monnaie volé va servir de super glu entre-eux, et petit à petit on découvre l'envers de leur jolie petite vie. Palet a de très inquiétantes pensées (judicieuse voix-off), qui transforme le pépère de famille en tueur en série potentiel (on débrouille mal ce qui relève du fantasme ou de la réalité, mais Dussolier sait se faire très inquiétant quand il veut). Muir, elle, adore piloter de vieux coucous datant de la dernière guerre.
Resnais adapte sa façon de filmer à ses deux acteurs fétiches et leur caractère. Dussolier est filmé comme un personnage inquiétant d'une série américaine : caméra très mobile, regards en coin, lumières bleutées, et finalement l'apparition de Mark Snow à la musique du film (compositeur de X-files) devient nettement moins étrange. Azéma aime les vieilles carlingues ? Resnais la film comme une héroïne US de films des années 40 (Hawks n'est pas loin par moments). Il tente également des effets de profondeur de champ pas possibles (au sens premier du terme) : net en premier plan, flou au second, net en arrière plan. Bref le vieux sage fait preuve d'une agilité, d'une maîtrise incroyable, mêlées à des effets à deux balles mignons comme tout. On est dans la liberté totale de filmage, la fantaisie absolue qui ne s'embarrasse ni de convention de mise en scène, ni de conventions scénaristiques. Parce que dans cette histoire, beaucoup de choses restent sans réponse, et on s'en fout totalement. Le dernier plan n'est d'ailleurs pas à piquer des cochenilles : une petite fille dans son lit, qu'on a jamais vu auparavant (la fillette), demande à sa maman si, quand elle sera un chat, elle pourra manger des croquettes. Forcément, c'est bizarre. Le travail sur la voix-off est également très intrigant : qui est ce narrateur, qui semble avoir tout vu, tout compris (ne me répondez pas Edouard Baer, s'il vous plaît, hein) ? pourquoi des phrases sont répétées si souvent, des questions, trois-quatre fois ? On a l'impression parfois d'être dans Beckett, avec ces mots qui se répètent, comme pour chercher un sens, et finalement, échouer à trouver un sens.
Il suffit juste de se laisser aller aux jolies surprises que réserve ce film tout frais, sans doute pas le film du siècle, mais qui finalement rend la création farfelue d'un "Prix exceptionnel" à Cannes tout à fait logique.
13 septembre 2009
Chronique livre : Et si c'était niais
de Pascal Fioretto.

C'est si simple de tomber dans les clichés. Clique.
Une bonne crise de rire à la lecture de ce bouquin dans lequel Fioretto, tout en bâtissant une histoire policière (ressemblant quelque peu à une mise en abyme de sa condition de pasticheur) pastiche 11 des écrivains français les plus vendus, et par conséquent pas les meilleurs (oups, j'ai dit ça moi ?).
Qu'on ait lu ou pas les auteurs pastichés, au final, a peu d'importance : Fioretto a un savoir-faire suffisant pour trouver le juste milieu entre grosse parodie et reproduction carbone du style de l'auteur pastiché. On admire ce talent, certains des auteurs étant au naturel tellement "énormes" qu'il a dû être très difficile de ne pas tomber dans l'excès. Et j'avoue que plusieurs fois, je me suis "laissée prendre", des idées telles que "oh, là, Notomb, elle s'auto-caricature"..."ah ben non, c'est vrai c'est un pastiche". Et ces pastiches sont un merveilleux révélateur des ficelles stylistiques des (f)auteurs.
Le pastiche constitue en ça une excellente critique littéraire, d'autant plus pertinente qu'il est rare de voir les critiques se pencher un tantinet sur la forme, le fond prenant constamment le pas sur le style. Alors forcément, en exacerbant les mécanismes de la forme, Fioretto révèle la personnalité des écri-vains, et certains ont dû grincer des dents, n'apparaissant pas sous leur meilleur jour. L'ensemble reste cependant très drôle, et n'empêchera personne de se gaver de Nothomb, ou Gavalda. Un bon trip.
02 août 2009
Spathe.
Dijon, juillet 2009.
Touche délicatement. Et clic.
09 juin 2009
L'ombelle.
Périgord, mai 2007.
Ayant reçu une bonne pile de bouquins à éplucher d'ici début juillet, je risque de ne pas être très présente ni ici, ni ailleurs. Que mes 3 lecteurs s'en offusquent, s'insurgent, maudissent la pompe à fric m'ayant confié cette divine mission, mais surtout qu'ils restent fidèles : oh, lecteurs, j'ai besoin de vous.
08 juin 2009
Fin de saison
Périgord, mai 2007.
02 juin 2009
Chronique livre : La joueuse de go
de Shan Sa.
Je suis sûre qu'elle aime les fleurs, la petite joueuse de go...
ok ça n'a pas de rapport, mais clique sur l'image quand même.
La Mandchourie occupée par les japonais, une jeune chinoise folle de go, et un soldat japonais traditionaliste : leurs histoires sont racontées en parallèle pour finalement se croiser.
Il faut reconnaître à la Joueuse de Go une implacable efficacité : les très courts chapitres de 2-3 pages chaque fois s'enchaînent avec rapidité, et il est difficile de stopper la lecture, victime que j'ai été du syndrome du "oh, ben je peux bien en lire encore un (de chapitre)". L'intérêt est maintenu par un thème toujours titillant : la naissance du désir chez une adolescente, et son passage à l'âge adulte. Le contexte historique semble bien documenté et contribue a bien faire tenir l'ensemble.
A part ça, pas grand chose. Le petit style qu'on croit déceler dans les premiers chapitres s'évapore petit à petit au cours du récit et l'histoire se termine de manière finalement assez attendue. Du romantisme sur fond de guerre, ça c'est déjà fait, et ça ne fait pas spécialement bondir mon petit cœur. Vite lu, vite oublié ?
16 novembre 2008
Tired.
Quelque part dans le Var, novembre 2008.

P'tet mieux en cliquant d'ssus.
25 juillet 2008
Cliché...
Dijon, mai 2008.

Un clic sur la rose pour encore plus de cliché sucré.
Je n'ai vraiment, mais vraiment pas d'inspiration ce soir.
Des propositions de sujets pour me faire cogiter ?
07 juin 2008
Noli me tangere.
Dijon, jardin de l'Arquebuse, 31 mai 2008.
06 juin 2008
Ouvre la bouche et tire la langue.
Dijon, mai 2008.

Plus en cliquant sur l'anémone.










