18 décembre 2009
Chute de ou chute sur ?
Dijon, décembre 2009.

Profite : demain ça ne sera que de la bourbe.
Et clique.
10 décembre 2009
Brrrrr.
Dijon, décembre 2009.
Brrrrr ? Brrrr et clique.
06 décembre 2009
Deux boules.
Dijon, décembre 2009.
Clique pour toucher.
Deux boules ballantes devant ma fenêtre.
Essayer de pas y penser.
29 novembre 2009
Chronique livre : Eloge de rien dédié à personne, avec une postface
de Anonyme.
Rien. Ou presque. Clique moins que.
Précieuse décidément que cette petite collection Allia. Tombée par hasard sur cette tout petite chose rigolote comme tout, et plus profonde que sa légèreté apparente ne le laisse supposée. Ecrit par un certain Louis Coquelet et publié pour la première fois en 1730, cet éloge est en fait une variation autour du mot Rien. Reprenant tous les usages qui sont faits de ce mot qui veut tout et rien dire, Coquelet rédige un tout petit traité satirique (des éloges de tout et n'importe quoi étaient à la mode en ces temps là), et cinglants, qui mine de rien mériterait une analyse philosophique plus poussée que ce que je pourrai faire.
Au-delà de l'agilité stylistique de l'auteur, réussissant à triturer la langue et les usages du mot Rien jusqu'aux limites du sens, on réussit à discerner les coups de griffes aux puissants et aux bien-pensants de tout poils. On discerne derrière les coups de raquettes de l'auteur, une sympathie particulière pour Boileau et son "Qui vit content de rien possède toute chose", bien que par la suite, il démontre que de ne rien avoir peut également être source de beaucoup de maux. Il poursuit également par l'absolue nécessité du rien. Pour preuve, le grand malheur de ce qui n'espèrent plus Rien.
C'est alerte, intelligent et malicieux. C'est Rien, et donc totalement indispensable.
24 novembre 2009
Chronique livre : L'incident
de Christian Gailly.
Incident. Clique.
Jolie petite chose que cet Incident, fidèlement mise en image par Resnais sous le titre Les Herbes folles. Rien d'étonnant que ce petit bidule fantaisiste, plein de mystère ait tapé dans l'oeil du maître. Resnais a pris au mot Gailly et à mis en image, littéralement, sa prose. On a l'impression de lire le scénario du film tant il est fidèle. Les seules différences résident dans les points les plus sombres de l'oeuvre initiale, qui ont été tirés vers la lumière par le cinéaste. Difficile donc de se détacher du film pour parler objectivement du film. Cependant, la lecture est très agréable. Gailly a un style bien particulier, qui n'est pas sans rappeler celui d'Emmanuel Darley : phrases tronquées, langage parlé, écrit au millimètre. L'univers est totalement foldingue, plus inquiétant que chez Resnais, vraiment particulier. C'est un peu aussi sa limite. L'Incident est une mignonne histoire bizarre qui se déguste comme un bonbon : beaucoup de plaisir sur le coup, mais très vite digéré.
27 octobre 2009
Un complexe ou une prémonition ?
Dijon, hier.

Clique je te dis. Promis tu n'auras pas mal.
Cinq minutes de trajet. Deux feux grillés. Qui dit mieux ?
18 octobre 2009
Chronique film : Fish Tank

Tu as raison petit, fuis fuis, et ne te retourne pas !
Et toi lecteur, clique.
J'ai un peu attendu pour voir ce film, de peur que ce soit une énième chronique Loachienne de l'adolescence misérable dans les banlieues anglaises. J'avais tort. Fish Tank m'a foutu une patate pas possible tant il y a de vie là-dedans, d'énergie, de force.
Certes il s'agit bien de l'histoire d'une ado dans une banlieue misérable anglaise. Mais si le contexte social est bien présent, il ne sert en fait que de support, de ferment à l'histoire de Mia (incroyable Katie Jarvis), 15 ans, mal embouchée, mal polie, violente, intenable, à la fois enfantine, et mature, qu'on autant envie de baffer que d'aimer. Pas difficile d'expliquer le comportement de Mia : un quartier pourri, une mère instable et immature, un gros manque d'éducation, la nécessité de s'imposer pour survivre ... même si tous ces éléments sont bien présents, ce n'est pas ça qui intéresse Andrea Arnold. Plutôt que d'exposer longuement la misère, elle colle aux basques de Mia. Et ça va vite. Mia marche, court, danse. Mia frémit du haut de ses 15 ans et de ses hormones agitées. Mia fait parfois n'importe quoi, mais elle vit. La réalisatrice saisit les moindres émotions de l'ado, capte son énergie. Elle réussit à ne pas sombrer dans le piège du naturalisme brut, et se permet des échappées poétiques, sensibles qui suivent les émotions de Mia (superbe scène de kidnapping dans l'estuaire de la Tamise).
On peut sans doute lui reprocher une certaine lourdeur symbolique (la tentative de libération du cheval blanc, mouarf) et un recours un peu trop fréquent au ralenti pour souligner l'éclosion de la sensualité... cependant, force est de constater que ça fonctionne, et qu'on est suspendu à la caméra, comme au souffle de l'héroïne. La dernière scène est magnifique, une scène sans parole entre la mère (impuissante, enfantine, dévastée par le chagrin), Mia (cheveux détachés, comme le signe d'un passage à l'âge adulte), et la petite soeur (qui suit le chemin de son aînée). Elles dansent ensemble, ensemble pour la première fois depuis le début du film.
Et ça n'est qu'à la fin qu'on repense au volet social, en constatant qu'une société qui gâche une si belle énergie, qui est incapable de se rendre compte du potentiel à côté duquel elle passe, est une société à l'agonie. Un superbe moment en tous cas. L'a bien mérité son prix du jury à Cannes Andrea !
11 octobre 2009
Chronique livre : Le procès
de Franz Kafka.

Parfois, la vie se met à n'avoir plus aucun sens.
L'enfer vous tombe sur la tête, sans qu'on puisse rien y faire.
A part cliquer.
Je sais que je vais me faire dézinguer tous azimuts mais je préfère être honnête avec vous : je me suis ennuyée comme un rat mort à lire ce grand classique hautement politique, critique et fort courageux de Kafka. Pour être merdeuse jusqu'au bout, j'irai même jusqu'à dire que l'auteur avait de bonnes raisons pour refuser la publication de ce livre, et que le faire dès qu'il a eu le dos tourné (qu'il a cassé sa pipe quoi) n'est pas de la classe la plus folle. Je ne renie cependant pas l'intérêt de la démarche, et le principe du livre reste très intéressant.
Un citoyen, fondé de pouvoir dans une banque (donc quelqu'un de sérieux en qui on peut avoir toute confiance) est arrêté, un beau matin, à son domicile. Pourquoi , on ne le saura jamais, et le héros clame son innocence à qui veut bien l'entendre, mais sans jamais être véritablement entendu. L'arrestation est arbitraire, sans explication, et les règles de cette justice (une justice parallèle à la justice "ordinaire" visiblement) semblent complexes, connues de tous sauf de lui. Au lieu, comme les autres accusés qu'il croise, de baisser la tête, d'accepter l'incompréhensible, de se fier à des avocats mollassons, le héros tente de prendre les choses en main, ce qui ne fait qu'accélérer sa chute et sa mort.
Il ne faut pas se fier à l'impression d'absurdité du roman. Oui la situation est absurde, mais chacun des éléments auquel est confronté le héros est hautement symbolique : la justice se niche dans les greniers de chaque immeuble, surplombant tout de son atmosphère irrespirable et de ses couloirs tortueux, des enfants espionnent dans tous les coins, le meilleur allié de notre héros est un peintre "judiciaire" qui reproduit des juges de manière avantageuse (ahhh déjà, le pouvoir de l'image), la gardienne du tribunal et la servante de l'avocat ont la jambe légère, il faut croire qu'être les maîtresses du pouvoir leur donne des avantages... C'est donc une véritable toile d'araignée sur laquelle est empégué le banquier. Malheureusement trop de symboles tuent l'impact du symbole. On étouffe dans cet univers. Vous allez me dire : c'est le but. Certes.
Le principal problème du Procès, c'est son héros : il est tout bonnement insupportable. Bavard, prétentieux, sûr de lui, maniéré, bref totalement antipathique. Si bien que dès les premières pages, on a envie de lui couper le sifflet, et qu'au lieu d'espérer trouver une solution pour le dépêtrer de ses emmerdes, on prie pour que le procès aille vite et condamne sans clémence cet olibrius. On a alors l'impression qu'au lieu de dénoncer le totalitarisme et l'arbitraire, Kafka réussit plutôt à en les faire germer dans le faible et influençable cerveau de ses lecteurs. Et là, je ne pense pas que ce soit le but... à moins que ce soit justement ça qu'ait voulu démontré Kafka, en manipulant ses lecteurs, la facilité avec laquelle on peut accepter, voire cautionner un système totalitariste. Et là c'est très fort.
N'empêche, qu'est ce que j'ai trouvé ça long...
06 octobre 2009
La mémé d'automne.
Dijon, Festival des musiques mécaniques, septembre 2009.
"Cela étant dit, maintenant que la leçon a porté, peut-être pourrait-on songer à clore le festival de musique mécanique qui a envahi les rues autrefois si paisibles de ma ville."
Eric Chevillard - 676 - L'autofictif
29 septembre 2009
ZinZinZin
Dijon, septembre 2009. Festival des Musiques Mécaniques.

Si toi aussi tu as quelque chose de coincé dans les dents, clique.
(Et sinon, clique aussi)
"Sur ma ville où régnait – calme plat des provinces – l’ennui propice aux vastes conceptions de l’esprit, vient de s’abattre, tel un déluge de fer et de feu, un festival international d’orgue de Barbarie."
Eric Chevillard - 673 - L'autofictif.









