14 avril 2009
Chronique livre : La guerre comme des anges
de Thalie de Molènes.

Ca mériterait pas un agrandissement ça ? clique.
Les guerres de religion, voilà un sujet touffu et complexe pour un roman historique tant ces temps troubles manquent de linéarité et de clarté historique. Thalie de Molènes se lance dans l'aventure avec un bel enthousiasme, et une plume élégante. Elle ancre son récit dans un pays qu'elle connaît bien, et qu'elle adore, le Périgord. Les titres des chapitres sont, et c'est une belle idée, des repères historiques qui jalonnent le roman, permettant d'éclairer les péripéties des ses héros dans un contexte plus général. Les citations du poète protestant Agrippa d'Aubigné, soigneusement choisies, illuminent de leur rigueur le récit.
On sent la dame érudite, et les recherches pour étayer son histoire sont impressionnantes. Mais c'est aussi un peu par cette érudition que le roman pêche un peu. Le début, et la fin, très romancées et relativement linéaires, sont entrecoupés par quelques chapitres très historiques et complexes, dans lesquels disparaissent un peu les héros, où apparaissent une multitude de personnages qui brouillent la lecture et la compréhension. Cette construction un peu bancale empêche au roman d'atteindre l'ampleur qu'il aurait mérité.
Malgré cela, La guerre comme des anges est un livre assez passionnant et intelligent, qui permet d'aborder cette période complexe de belle manière, et avec style. Et c'est de plus un très bel objet, comme les éditions Fanlac savent si bien les faire, mais si mal les distribuer. Heureusement disponible sur tous les bons sites du oueb.
30 septembre 2008
Chronique livre : Les vertes collines d'Afrique
d'Ernest Hemingway.
Ahhhh ça fait mal de devoir dézinguer un mythe, mais voilà, Les vertes collines d'Afrique est un bouquin tout à fait détestable. Pas par son écriture : magnifique de concision, de précision. Les dialogues notamment sont incroyables, pleins de fougue, de mouvement, de vie. Mais Hemingway, comme il le dit dans sa préface "a essayé d'écrire un roman absolument sincère". Et là, c'est le drame. Je vais probablement etre traitée de moralisatrice, mais le personnage autobiographique qu'il révèle étant absolument détestable dans sa superficialité travaillée, son cynisme, sa volonté absolue à ne prendre aucun recul sur ses actes, et même à les justifier en toute (fausse)-bonne conscience, lorsqu'il sent qu'il va trop loin : "Je ne faisais rien qui ne m'eût été fait à moi." Hemingway chasse le gibier africain, il adore la chasse, sans culpabilité, jusqu'à l'obsession, et n'a de cesse d'exterminer antilopes après rhinocéros, lions, buffles, koudous, autant, voire plus que ce que ne lui autorise son permis de chasse. Le roman n'est que ça, une succession de traques, heureuses ou non. On chasse pour la viande, certes, mais surtout pour les cornes qui doivent être les plus imposantes possibles.
Hemingway reste incroyablement superficiel dans sa description de l'environnement. Il porte un regard entièrement subjectivisé par son amour de la chasse, et laisse de côté toutes considérations environnementalistes (à part une très brève éclaircie à la toute fin du roman "Un continent vieillit vite quand nous y arrivons.") On est très loin du magnifique Lion de Kessel de ce point de vue là. Ce n'était certes certainement pas le but : plus qu'il se doit d'être sincère, il ne narre que ce qu'il a sincèrement vécu, c'est à dire sa sincère passion cynégétique. Finalement, dans Les vertes collines d'Afrique Hemingway se définit lui-meme plus chasseur qu'écrivain, l'écriture ne lui permettant que de gagner sa vie pour se payer ses escapades giboyeuses. Et c'est à croire qu'il n'a pas tort quand il dit que "tous les chasseurs sont les mêmes". Sait-on jamais, il y a sans doute des Nobels qui s'ignorent dans les hommes aux casquettes kakis qui transforment les balades dominicales en forêt en jeu de roulette russe.
16 août 2008
Chronique film : Bons baisers de Bruges
de Martin McDonagh.
Une bien petite chose que ce film, au demeurant pas désagréable. Deux tueurs à gages britanniques, après une petite plantade, sont envoyés au frais à Bruges par leur boss au langage peu châtié. On imagine alors qu'on va assister à un film d'action dans le brouillard belge. Mais non, pas vraiment. Nos deux lascars visitent la ville, boivent des bières, dragouillent, sniffent, philosophent sur une guerre entre "black midgets" et "white midgets".
La ville de Bruges, constitue un décor de cinéma idéal : architecture médiéval chargée d'Histoire et d'histoires, ambiance brouillardeuse à souhait. McDonagh réussit bien son coup en faisant de la ville le personnage central de son film (dont le titre original est d'ailleurs "In Bruges"), il réussit judicieusement à utiliser les éléments historiques et architecturaux de la ville pour les intégrer à son intrigue. C'est d'ailleurs la grande qualité de ce film, sa façon d'utiliser, réutiliser et reréutiliser tous les éléments de décors, et des personnages secondaires pour constituer un ensemble cohérent et ultra-structuré malgré ses airs nonchalants.
A part ça, le film tient surtout par ses dialogues gentiment azimutés qui lorgnent franchement vers le Tarantino. Malgré son énorme accent irlandais et sympathique Farrell en fait des tonnes, Ralph Fiennes par contre excelle dans son rôle de méchant glacial et explosif, décidément un acteur que j'aime bien. On peut également retenir une BO intéressante et très éclectique (de Schubert aux Pretenders). Voilà. Sinon on ressort quand même du film en se demandant "ok c'était sympa, mais pour quoi faire ?".
14 août 2008
Commencer à y voir clair ?
Abbaye de Fontenay, Cote d'Or, Août 2008.

Nettoie les vitres avec la souris, et clique.
13 août 2008
Mais qui c'est ça ?
Flavigny sur Ozerain, Août 2008.
*ben quoi ? on peut rêver non ?
12 août 2008
Lever le voile.
Dijon, juin 2008.

Gratte la vitre avec ta souris.
06 août 2008
i think i need holidays...
Mais qu'est-ce ?









