06 décembre 2009
Deux boules.
Dijon, décembre 2009.
Clique pour toucher.
Deux boules ballantes devant ma fenêtre.
Essayer de pas y penser.
15 novembre 2009
Chronique film : La danse - le ballet de l'Opéra de Paris
de Frederick Wiseman.
Qu'y a t'il derrière les strass ? Clique.
Difficile de faire une critique de cette pavasse de 2h40, pas forcément très sexy malgré les magnifiques arabesques de ses protagonistes. C'est du documentaire à l'état pur : une caméra, un micro. Pas d'intervention d'un personnage extérieur pour interférer avec le sujet. Et compte-tenu des nombreux photographes qui mitraillent les danseurs en pleine répétition, on peut parier que la caméra de Wiseman n'a pas dérangé outre mesure les artistes. Mais non intervention d'un tiers ne signifie pas objectivité, et c'est bien l'Opéra de Paris de Wiseman que l'on visite. Le titre du film est trompeur d'ailleurs, le véritable sujet du film est bien l'Opéra en tant qu'institution, depuis ses murs (de ses sous-sols aquatiques, aux coulisses, en passant par les salles de répétition, la cantine et le toit), à ses occupants (direction, balayeurs, couturiers,... et bien sûr danseurs), jusqu'à sa raison d'exister (donner à voir au public, perpétuer une tradition, mais également créer).
Ce parti-pris rigoureux balaie du coup nombre de réactions entendues en sortant de la salle : "bof, on entend jamais les danseurs parler". Oui forcément, les danseurs ici, quelque soit leur grade dans la lourde hiérarchie de l'Opéra, sont vus plus comme les moyens que comme la finalité. Ils sont comme les autres occupants des lieux, à la différence qu'ils constituent la seule partie (humaine) immergée de l'iceberg : ce seront eux qui danseront sous le feu des projecteurs, eux qui seront chargée de donner à voir au public, eux qui seront les instruments de transmission de la tradition et de la création de nouvelles formes. Des instruments, de magnifiques instruments, dressés à l'excellence et la perfection, dont quelques uns, par leur intelligence et leur capacité à "être" réussiront à capturer le glorieux titre d'Etoiles. La danse, c'est aussi l'histoire de la lutte incessante contre la décrépitude, le vieillissement : aussi bien pour les danseurs, pour l'Opéra lui-même et surtout pour l'Art qu'est la danse.
Une danseuse déjà un peu "mûre" vient demander un allégement de sa charge de travail à la directrice elle-même (on sent dans cette demande une détresse sourde, l'obligation d'avouer que le corps commence à lâcher). Les danseurs se mettent en grève contre la modification de leur régime spécial de retraites et Brigitte Lefèvre leur assure qu'elle va argumenter dans le sens de l'excellence du Ballet (comprendre : un ballet composé de vieux croulants ne pourrait plus être le meilleur du monde). C'est fascinant et effrayant de voir cette vision des choses à ce point collective : Brigitte Lefèvre est comme la Reine de abeilles (il y a d'ailleurs des ruches sur le toit de l'Opéra de Paris), on sent derrière ses paroles, applaudies par les danseurs, la conscience que l'institution publique ne survit que par l'excellence de ses ouvriers, et qu'elle n'est pas là pour défendre les intérêts privés de chacun de ses salariés, mais bien pour perpétuer l'institution ("la survie de l'institution passe par son excellence, donc par le talent et la technique des danseurs, donc par leur fraîcheur" et non pas "le danseur a un travail très physique qui use le corps donc il faut qu'il puisse prendre sa retraite jeune").
La lutte contre le vieillissement passe aussi par ces travaux incessants de restauration : plâtres, peintures,... on suit également les maçons, et électriciens dans leurs travaux, ou la restauration des costumes par des "petites mains" minutieuses et précieuses.
Enfin, on assiste à la lutte de Brigitte Lefèvre pour empêcher l'institution de sombrer dans un simple travail d'archiviste : malgré les possibilités qui leurs sont offertes, formatés, les jeunes danseurs préfèrent rester dans le classique plutôt que d'assister aux cours de danse contemporaine. Cette situation incroyable et plutôt paradoxale (les jeunes préfèrent rester dans le domaine qui les a moulés et ne veulent pas se lancer dans la nouveauté) est abordée au cours d'un entretien entre la Directrice artistique, des chorégraphes et répétiteurs et visiblement des représentants des jeunes danseurs. On sent lors de cet entretien la force et l'énergie qu'il faut injecter dans cette machine qui, en plus de se perpétuer doit réussir à s'inscrire dans la création, l'innovation. Un monde inconnu et effrayant pour des jeunes qui pratiquent le classique : un art techniquement ultra-exigeant et codifié, dont l'apprentissage nécessite un formatage, une rigueur autant physique que mentale, afin d'atteindre la perfection du geste. Mais la survie de l'institution passe aussi par le renouvellement, et le renouvellement passe par l'apprentissage et la création de nouvelles formes, qui nécessitent plus que jamais l'interaction entre la vision du créateur, et la sensibilité et l'intelligence de l'instrument (Brigitte Lefèvre en a bien conscience d'ailleurs en répondant à une jeune danseuse qui s'émerveillait devant Laetitia Pujol, que ce qui faisait de Laetitia Pujol une Etoile, c'était son intelligence).
Un beau film donc, pas facile, mais qui révèle toutes les grandeurs et tous les paradoxes d'une énorme machine d'autant plus indispensable qu'elle est là dans le but unique de faire vivre dans la durée l'art le plus éphémère qui soit.
17 octobre 2009
Ce samedi à Monoprix.

Photo tirée de l'éprouvette d'octobre. Tu comprends pas ? Clique là.
Monoprix, samedi.
Affluence acceptable. Beaucoup d'ados. Un énergique troupeau de grues. Un bruyant troupeau de coqs. Beaucoup de vieux aussi. Juste là parce que samedi. Du monde. Et puis quelques gens qui sont là pour faire leurs courses de la semaine. Pas le temps le reste du temps. Au bureau, au travail, en déplacement. Trop fatigué quand on rentre. Et puis Monoprix fermé.
L'alarme d'un coup. Quelques uns lâchent les paniers. Mains sur les oreilles. Les autres font comme si de rien. On ne sait pas trop. On hésite. Moitié de mouvement vers la sortie. Moitié inertie. Quelques rires. Vague de je m'en foutisme, et quelques regards d'angoisse. Le bruit s'arrête.
Ceci est une procédure d'évacuation dit une voix. Numérique. Dirigez vous vers la sortie la plus proche. L'alarme va retentir.
Et l'alarme retentit à nouveau. Dans le doute mouvement vers les caisses. On planque le panier comme un peu. On le reprendra après. Un vigile immense au milieu. Fausse alerte beugle t'il. Mais le bruit continue de plus en plus fort.
On se redirige vers les rayons. Mais vides de gens maintenant. Ça fait hésiter des rayons déserts. Les autres seraient-ils sortis finalement ? Peut-être que, quand même. Mais non. Les troupeaux derrière regagnent les alignements de conserves.
Et moi, je suis tétanisée. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que, si ça avait été vrai, on serait tous morts, là, à Monoprix ce samedi. Moi dans le rayon de la bidoche, avec une côte de porc dans la main. D'autres choisissant un débouche chiotte, des serviettes périodiques ou un caleçon. Morts comme ça, parce qu'on a pas pris au sérieux l'alerte, parce que non, franchement, des choses comme ça, ça n'arrive jamais. Ou très loin, pas ici, pas nous. Et puis ça serait passé aux infos. La famille effondrée là-bas, de l'autre côté du téléviseur, des petits bouts de gens, mélangés aux petits bouts de bœuf ou de poulet ou de dinde, un truc dégueulasse à faire peur aux gamins.
Voilà y'a tout ça qui m'est passé par la tête en une miette de seconde dès que l'alarme a cessé de brailler. Et j'étais figée. Et les gens me bousculaient. Les courses à terminer maintenant, et le surgelé qui commence déjà à dégouliner. Allez allez.
Ce samedi à Monoprix, j'ai eu peur.
L'histoire est vraie et d'aujourd'hui. Chaude d'il y a 2h.
Pour le reste c'est un petit hommage à Emmanuel Darley.
Et sa superbe pièce "Le mardi à Monoprix".
15 octobre 2009
?

Me demande pas ce que c'est.
Clique quand même.
28 juin 2009
Chronique film : Coraline
d'Henry Selick.

L'abstraction se regarde mieux de près. Clique.
Henry Selick sans Tim Burton ni Danny Elfman, on avait le droit de craindre la dégringolade après l'excellentissime Étrange Noël de Monsieur Jack. On est rassuré dès les premières minutes. Avec son graphisme incroyable, ses décors à la fois cauchemardesques et pourtant très quotidiens Selick est un grand créateur d'univers.
Coraline, pré-ado colorée et insolente, et ses parents "homeworkers" très occupés viennent d'aménager dans une maison sinistre, entourés de voisins très bizarres. La maman porte une minerve, il est question à un moment donné d'accident de voiture, mais en fait, on ne sait pas comment ils ont atterri dans cette bicoque décrépite. C'est ça qui étonne dès le début du film, on oublie complètement l'animation pour être plongé dans une "vraie" histoire : une gamine pleine de vie en demande d'affection, face à des parents englués dans leurs incohérences d'adultes (ils rédigent des guides sur les plantes mais refusent de mettre le pied dehors dès lors qu'il y a une goutte de pluie !) et qui n'ont pas le temps de s'occuper d'elle. Mais comme on est dans un film d'animation, le quotidien se transforme vite en fantastique. Livrée à elle seule, Coraline va vivre son roman initiatique à elle : mécontente de son quotidien, elle se trouve plongée dans un univers parallèle copie carbone de son monde à elle, mais dans lequel tout ce qui la contrarie est balayé : parents aux petits soins pour elle, voisins rigolos comme tout, jardin magnifique, copain pas contrariant, c'est le rêve. Mais le paradis a un prix, et tel Faust, l'addition pour Coraline sera plutôt salée.
Coraline est un film d'une grande richesse, tant au niveau du scénario que du graphisme. Mille références jalonnent le film, bourré de petits détails incroyables qui créent un univers à la fois complètement barjo, mais totalement cohérent. Dans la grande scène de destruction finale, l'univers visuel de Selick éclate complètement, passant de Van Gogh, à Eternal Sunshine of the spotless mind, en passant par un graphisme noir et blanc très épuré et très effrayant. Oui, parce qu'au final, le film fait quand même un peu peur, le monde enchanteur se désagrège de manière très impolie, nous révélant des dessous fort peu avenants. Même si Bruno Coulais n'est pas Danny Elfman, les choeurs d'enfants fort crispants en d'autres circonstances moins glorieuses, se révèlent ici fort judicieux et parfaitement flippants. Brassant des thèmes graves : l'insatisfaction, le manque d'amour, la détresse, dépassant largement le cadre de l'enfance, illustrant parfaitement les expressions "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras" et "tout vient à point à qui sait attendre", Coraline est un superbe film, drôle, émouvant, effrayant. Une p'tite merveille très très loin de Disney. Et ça c'est bien.
14 juin 2009
Chronique film : Etreintes brisées
de Pedro Almodovar.

Aurore boréale ? Le pouvoir de l'image... Clic.
Je sens que je vais me faire lyncher, mais il faut bien que je l'avoue : j'ai eu un mal fou à rentrer dans ce film classieux que j'attendais la larmichette toute prête à déborder. Mais voilà, la mayonnaise n'a pas pris, et il a fallu attendre les trois quarts du film pour que je commence à y trouver un tout petit intérêt.
Inutilement tarabiscotée au départ, et pleine de cul-de-sac, l'histoire se linéarise ensuite en un long flash-back très inégal, puis un dénouement maladroit mais mignon. Un des problèmes d'Almodovar qui m'avait déjà gêné dans la Mauvaise Éducation, c'est qu'il filme et dirige admirablement les femmes, mais il est vraiment manchot avec les personnages masculins. Et des personnages masculins, il y en a beaucoup ici, quatre principaux. Sa direction d'acteurs devient alors difficile à cerner (à part José Luis Gomez, les autres moulinent vraiment dans le caramel, surtout le catastrophique Ruben Ochandiano ), la caméra se fait lourde, trop fixe, théâtrale ou tentant des mouvements maladroits et peu lisibles. On serre les dents alors.
Heureusement, Almodovar n'étant quand même pas le dernier des plâtriers, il réussit in extremis à s'en sortir par quelques idées et quelques plans absolument bouleversants. Etreintes brisées, c'est l'histoire de trois histoires d'amour : celle passée de l'agent avec le metteur en scène, toute en hors-champs mais qui sert d'étau au film, celle du vieille homme politique pour sa maîtresse, Lena, un peu trop jeune, belle, et finalement trop indépendante, enfin l'histoire partagée entre le metteur en scène et Lena. Et c'est dans le romantisme noir tiré de ces amours que naissent les plus belles scènes, magistrales, du film. En fait, je le soupçonne de n'avoir tourner ce film que pour ces quelques plans épars et magnifiques qui renversent complètement la cervelle. Le personnage de Lena n'y est également pas pour rien, et Penélope Cruz est absolument parfaite : trouble, flamboyante, brisée, acceptant de se "vendre" par reconnaissance, mais aussi de tout lâcher par amour, c'est la belle réussite du film.
Almodovar est un génie quand il filme les gens "l'un derrière l'autre". Je m'explique : Le politicien étreint sa femme de dos devant une immense nature morte aux pommes ou dans le dos de Lena fait semblant d'être mort pour découvrir sa réaction, son fils placé derrière Lena filme son visage par le biais d'un miroir, l'agent serre son fiston par derrière devant un évier, Lena derrière Matteo qui prend une photo le serre comme pour ne pas le perdre, Matteo derrière Lena en train de regarder un film... L'amour ici ne peut pas être dit frontalement, il est puissant, mais contrarié. Et la fin de l'amour de la même façon passe par un biais (sublime scène où Lena annonce à son mari, dans son dos, qu'elle le quitte, en faisant la voix d'une vidéo muette tournée par le fils).
Réflexion sur le regard, sur la projection (au propre et au figuré) de l'image qu'on se fait des autres (arghhhh les mains de Matteo sur l'écran où le visage de Lena apparaît), sur la mort de l'image/mort de l'amour, cri d'amour évident au cinéma (images du génériques de début, métamorphoses de Lena ,...) Étreintes brisées est sans doute le film le plus personnel et angoissé de son auteur, mais trop inégal pour être le chef d'oeuvre qu'on attend de lui : un toute petite dizaine de scènes sublimes noyées dans 2h de film corseté, c'est trop peu. A quand le prochain ?
20 mai 2009
L'antre du diable ?
04 janvier 2009
Chronique livre : Demande à la poussière
de John Fante.

Pour éternuer encore plus, clique.
Arturo Bandini a quitté sa cambrousse natale et s'est installé dans un petit hôtel de Los Angeles pour devenir écrivain. Orgueilleux, vantard, méprisant, c'est plutôt un sale personnage. Mais quand il tombe amoureux d'une serveuse indienne, Camilla, encore plus cinglée que lui, la carapace de l'imbuvable petit avorton se fendille un peu, et révèle un gars pas assez sûr de lui, maladroit, terrifié par les filles, et par le monde extérieur en général.
Si le roman commence un peu mollement, le personnage (quasi-autobiographique) et le propos de Bandini étant par trop déplaisants, l'histoire décolle vraiment quand il s'entiche de Camilla. Entre joutes verbales, cerveau tourneboulé, impuissance, Bandini/Fante se révèle : pitoyable et odieux, mais attendrissant par sa maladresse.
La modernité du sujet et de la langue sont vraiment bluffantes, Demande à la poussière a été écrit en 1939, on lui donnerait facilement 20 ans de moins. Pas étonnant que Fante ait influencé Bukowski : même liberté de ton, même type de héros navrant et paumé. Ca sent la sueur et la poussière urbaine, la dèche et le désespoir. Le passage du tremblement de terre est vraiment formidable, Bandini survivant est soudain pris d'une crise (très passagère) de mysticisme tout en racontant effrontement à qui veut bien l'entendre qu'il a sauvé des vies... Dérisoire, et humain, un bien beau bouquin.
26 novembre 2008
Chronique théâtre : L'Entretien
texte de Philippe Malone,
mise en scène de Fabrice Andrivon.
Acte III de la journée consacrée à l'écriture de Philippe Malone,
en la bonne ville de Marvejols, en le bon TMT.
Difficile défi que celui de monter ce texte : la pièce est magnifique mais d'apparence ardue et la production, fauchée. Le résultat n'en est que plus surprenant, voire héroïque. Je ne m'étendrai pas sur le texte que j'ai déjà commenté ici.
La mise en scène de Fabrice Andrivon est radicale dans sa forme. Quatre actrices face au public, chacune cantonnée dans une étroite bande de scène. Leurs mouvements sont limités, mais pourtant millimétrés. Une simple lampe qui pendouille suffit à délimiter deux espaces distincts maison / entreprise. On est pas dans l'explicatif ici, mais on est dans le signifiant, le réfléchi, le genre de mise en scène qui ne prend pas le spectateur pour un crétin. Audacieux aussi le choix des costumes : des bleus de travail pour les salariés, tailleur pantalon pour la cheffe d'entreprise. La caricature n'est pas loin, et pourtant, ces choix très affirmés font des personnages des symboles universels de ce fossé social entre dirigeants et travailleurs. C'est bien vu. Les projections vidéos sur le décor sont discrètes, mais toujours judicieuses : le compte jusqu'à 200 introductif et très lent hérisse quand on en comprend la signification, les scènes de grèves, l'éclosion sensuelle de ces fleurs colorées et ces vues poignantes d'usines en ruine, autant d'éléments hétéroclites qui réussissent à placer le spectateur dans une atmosphère puissante, sans pour autant perturber l'écoute du texte. Cette mise en scène sobre et pourtant indispensable réussit en effet à donner toute sa place au texte.
Les actrices semblent globalement avoir compris l'importance des mots et de sa mise en forme. Elles parviennent toutes les quatre à endosser leur rôle avec courage et à le faire vivre de belle manière. La mise en scène réussit le tour de force d'à la fois vraiment mettre en danger les actrices (jouer toute la pièce face au public, éclairages parfois un peu rudes pour l'ego, costumes rustiques, pétage de plomb impromptu...), mais de respecter chacune, de les mettre en valeur de manière équilibrée. Pour avoir vu deux représentations de suite, très différentes, c'est vrai qu'on sent l'ensemble encore un peu fragile, manque de moyens et de répétitions sans doute. Quelques bourdes de textes, de synchronisation entre les actrices, une deuxième partie qui a une petite tendance à manquer unchouia de rythme, une intrusion de la musique en live de temps en temps un peu maladroite... rien de fondamental, mais des petites choses qui devraient se régler au fil des représentations. Reste quel'Entretien tient toutes ses promesses.
On passe en 1h20 par toute un palette d'émotions fortes : indignation, colère, tristesse, incompréhension, joie, interrogation. La pièce touche, bouscule, malmène parfois, et c'est salvateur. Une grande réussite. Et j'espère une future grande tournée mondiale.

Ca c'est l'affiche, classe non ?
Mais qui donc a bien pu prendre cette belle photo ?
indice : pas moi, mais une fidèle lectrice de ce blog.
Tous les renseignements là. A noter qu'avant la probable tournée mondiale, il y a une tournée lozérienne. La pièce sera jouée à Florac le 7 février et à Mende le 22 avril.
A lire aussi Acte I et Acte II.
16 août 2008
Chronique film : Bons baisers de Bruges
de Martin McDonagh.
Une bien petite chose que ce film, au demeurant pas désagréable. Deux tueurs à gages britanniques, après une petite plantade, sont envoyés au frais à Bruges par leur boss au langage peu châtié. On imagine alors qu'on va assister à un film d'action dans le brouillard belge. Mais non, pas vraiment. Nos deux lascars visitent la ville, boivent des bières, dragouillent, sniffent, philosophent sur une guerre entre "black midgets" et "white midgets".
La ville de Bruges, constitue un décor de cinéma idéal : architecture médiéval chargée d'Histoire et d'histoires, ambiance brouillardeuse à souhait. McDonagh réussit bien son coup en faisant de la ville le personnage central de son film (dont le titre original est d'ailleurs "In Bruges"), il réussit judicieusement à utiliser les éléments historiques et architecturaux de la ville pour les intégrer à son intrigue. C'est d'ailleurs la grande qualité de ce film, sa façon d'utiliser, réutiliser et reréutiliser tous les éléments de décors, et des personnages secondaires pour constituer un ensemble cohérent et ultra-structuré malgré ses airs nonchalants.
A part ça, le film tient surtout par ses dialogues gentiment azimutés qui lorgnent franchement vers le Tarantino. Malgré son énorme accent irlandais et sympathique Farrell en fait des tonnes, Ralph Fiennes par contre excelle dans son rôle de méchant glacial et explosif, décidément un acteur que j'aime bien. On peut également retenir une BO intéressante et très éclectique (de Schubert aux Pretenders). Voilà. Sinon on ressort quand même du film en se demandant "ok c'était sympa, mais pour quoi faire ?".









