15 décembre 2009
Rhino.
Paris, musée d'Orsay, novembre 2009.
Le rhinocéros est un loup pour l'homme dit-il.
Et il changea de direction.
Clique sur l'image.
07 décembre 2009
Dans le coton.
Caresse avec ta souris, et clique le bout.
05 décembre 2009
Chronique livre : L'île de béton
de J.G. Ballard.
Tente de cliquer pour renouer le lien.
Sacré Ballard. Il nous livre dans ce court roman une réflexion vertigineuse sur les dérives de la modernité, sur la fragmentation du monde qui provoque la fragmentation des êtres.Deuxième livre de la "trilogie du béton", débutée par Crash, l'île de béton est totalement cohérent avec son prédécesseur, tout en lui ajoutant une dimension supplémentaire.
Un architecte marié, avec maîtresse, rentre chez lui. Sur l'autoroute, dans sa Jaguar, il roule trop vite, et passe par dessous bord. Il échoue alors dans un terrain vague, entouré de remblais infranchissables sur lesquels reposent des bretelles d'autoroutes surchargées. Blessé, il devient incapable de s'échapper de cet enclos, coupé du monde, alors même que cerné de milliers de gens, qui ne font que passer à grande vitesse. Il espère que les secours vont arriver rapidement. Mais rien ne se pointe à l'horizon.
Ballard explore à travers ce livre à nouveau le thème du corps. Le corps du héros, habitué au confort de sa douillette vie va devoir s'endurcir, se modeler pour s'adapter à son nouvel environnement, sa nouvelle existence. L'île est son corps, pleine de vestiges d'humanité et de nature résistante, de fossés comme des cicatrices courants sur et sous la surface. On peut y voir une réflexion sur le corps, mais surtout une réflexion sur la place de l'homme dans son environnement. En se coupant de la nature, l'homme se coupe lui-même, et donc des autres. La fragmentation de l'espace provoque la fragmentation de l'être et par conséquent la perte de l'humanité et au final, la disparition de l'espèce. Ce n'est qu'en se reconnectant avec son milieu que le héros gagne en humanité, et retrouve (peut-être) les liens qu'il avait perdu avec sa famille.
Ce livre confirme donc avec force qu'il faut bien sûr voir en Ballard bien au-delà des apparences d'écrivain porno-trash de C rash, mais bien en un observateur lucide, un décrypteur implacable des travers humains et de leurs conséquences. Dur, essentiel et potentiellement bougrement cinématographique.
24 septembre 2009
La lumière est au bout du tunnel ? T'es pas fou !
Paris, novembre 2009.
21 septembre 2009
Seul à deux.
Paris, bibliothèque François Mitterand, novembre 2008.

Suis doucement l'horizon, et clique.
04 août 2009
Maquette ?
Paris, novembre 2008.

Vous ne trouvez pas qu'on dirait une maquette ? Clique pour vérifier.
27 mai 2009
Chronique film : La fille du RER
d'André Téchiné.
Toi aussi, joue : clique sur le morveux pour le faire tomber.
Voilà, c'est re-re-reconfirmé, Téchiné est bien le plus moderne des cinéastes français. Après les magnifiques Témoins, il filme un autre film complètement générationnel avec la Fille du RER. Prenant pour point de départ un fait divers (une jeune femme avait menti en affirmant avoir été victime d'une agression anti-sémite dans un RER), Téchiné s'intéresse en fait beaucoup plus au contexte, qu'au fait-divers. Jeanne est au chômage, elle habite en banlieue parisienne avec sa mère qui, pour arrondir ses fins de mois de veuve de militaire garde des enfants. Jeanne aime faire du roller, surtout avec la musique à fond sur les oreilles. Elle a fait des études de secrétaire, mais sa recherche de taf semble assez superficielle et les fautes d'orthographe de son CV ne plaident pas forcément en sa faveur. Jeanne est jolie, menteuse, soumise et à peu près aussi vide qu'une boîte de chocolats après Pâques. Quand elle tombe amoureuse d'un gars pas très net, elle ne se pose aucune question, acquiesce à tout avec une naïveté déconcertante.
Ce n'est clairement pas le fait-divers qui a passionné Téchiné, le déplaçant au dernier tiers du film, et en dénouant le "mystère" de manière très expéditive. C'est plutôt le portrait de Jeanne, de son comportement comme un symbole d'une génération déconnectée du monde réel. Du passé lourd de sa famille (un père militaire, une mère trop belle) ancrée profondément dans la réalité (le père est mort, la mère doit garder des enfants dans son pavillon de banlieue pour arrondir sa retraite et entretenirJ eanne qui ne travaille pas), est née une fille qui n'appréhende un monde biaisé qu'au travers d'écrans (télé, ordi), mais préfère s'en couper quand elle y est immergé (le baladeur mp 3 vissé aux oreilles, la retraite avec son mec dans un garage vide).
Cette incapacité a être dans le monde, dans la vie, c'est aussi une incapacité à être maîtresse de sa vie. Et c'est sans doute plus pour réussir enfin à prendre le contrôle de quelque chose plutôt que pour attirer l'attention sur elle que Jeanne invente cette incongrue et vite démontée histoire d'agression. Le film n'est pourtant en aucun cas moralisateur ou passéiste, c'est un simple constat du monde dans lequel nous vivons. Jamais Téchiné ne porte un regard méprisant sur Jeanne, mais plutôt, il l'accompagne, il la rend parfaitement humaine, tourbillonne avec elle, il la comprend, il l'aime. Emilie Dequenne est absolument parfaite tour à tour rayonnante, fragile et opaque.
Sa crinière rousse au vent, volant sur ses rollers, elle restera l'image d'un film rapide, intense, passionnant. C'est beau.
19 avril 2009
Chronique livre : Béton
de Thomas Bernhard.
Il aimerait bien s'y mettre, à écrire son essai sur Mendelssohn-Bartholdy. Mais il n'y arrive pas. Et ça fait des années que ça dure, des dizaines d'années même. Cette fois-ci c'est parce que sa sœur vient de partir qu'il ne peut pas s'y mettre. Avant, c'est parce qu'elle était là. Encore avant c'est parce qu'elle n'était pas là. Et puis il était fatigué, et puis ça sent le renfermé, et puis il fait beau, et puis il fait moche et puis... Et puis il sèche quoi. La page blanche.
Béton, ce sont les états d'âme nombreux d'un auteur inapte à écrire, sa vision du monde, et surtout de sa sœur chérie et haïe. Parler, digresser pour éviter de s'y mettre vraiment à cet essai. Et c'est mordant. Comme Chevillard avec ces petites sentences autofictives sur sa condition d'écrivain, Bernhard dresse sans tendresse le portrait d'un auteur raté qui passe sa vie merdique à se chercher des excuses merdiques pour expliquer son incapacité merdique à écrire quoi que ce soit.
Évidemment, ce n'est pas la fête, mais c'est férocement drôle, tellement ce gars aigri et caricatural, qui n'aime personne sauf sa bonne, a un art consommé pour noyer le poisson (là il y a un jeu de mot merdique, histoire de rester dans le thème). En rupture totale, le final y apparaît au premier abord incongru (changement instantané de lieu, saut dans le temps, flash-back, alors que tout le début est quasiment statique, composé des ruminations du narrateur), mais se révèle signifiant et poignant. A lire d'urgence évidemment. Pour tous ceux qui ont mauvais esprit surtout.
15 avril 2009
Le parapluie bleu.
Paris, mars 2008.
26 janvier 2009
Chronique livre : Notre-Dame de Paris
de Victor Hugo.
Il n'est jamais trop tard pour combler ses lacunes culturelles. Notre-Dame de Paris fait partie des romans qu'on croit connaître par coeur alors même qu'on n'en a jamais effleuré la couverture. Monument donc, à peu près aussi écrasant que la belle dame qui lui donne son titre.
Autant dire que les débuts de la lecture sont laborieux. La père Hugo n'y va pas avec le dos de la bêche et veut faire de son roman un essai sur le massacre de l'architecture parisienne depuis la fin du XVème. C'est incroyablement érudit, majestueux et surtout très long. Pas facile de ne pas soupirer à la description de chaque tuile de chaque toit de chaque immeuble de chaque rue de chaque quartier de Paris, ainsi que le devenir au XIXème de chaque tuile de chaque toit de chaque immeuble de chaque rue de chaque quartier de Paris. On tique un peu aux petits piques misogynes du sieur (Prenez patience mesdames, je sais bien que l'architecture vous dépasse, et que vous soupirez après la romance...), mais on serre les dents : on voulait du classique, on en lira jusqu'à la dernière ligne.
Cependant, après quelques centaines de pages un peu difficiles, Hugo laisse tomber son pamphlet pour dérouler son intrigue au petit poil. Il s'auto-laisse prendre à sa trame délirante, et oublie bien vite ses rancoeurs architecturales. Et vas-y que ça court dans tous les sens, que ça crie, que ça s'aime, que ça se tue. C'est un festival. Plus belle la vie, à côté, c'est du Moravia. C'est peu dire qu'Hugo à le génie de l'intrigue. Et d'ailleurs je vais essayer de vous raconter ça en quelques lignes, mais en mettant ça dans l'ordre chronologique, du coup, ça va vous casser un peu le suspense.
Chantefleurie est prostituée à Reims . Elle donne naissance à une magnifique gamine qu'elle adore, mais qui lui est dérobée par des gitans, et remplacée par un petit gamin hideux. Folle de douleur, elle bazarde le môme borgne, bossu et boîteux, et part se faire recluse à Paris, sous le nom de Gudule. Quinze ans plus tard, la gamine volée est une magnifique danseuse des rues à Paris et se fait appeler Esmeralda, elle est gentille mais très quiche. Le monstrueux gamin a été recueilli par Frollo, l'archidiacre de Notre-Dame, et sonne les cloches de la cathédrale jusqu'à s'en faire littéralement péter les tympans. Il se nomme Quasimodo, et comme Garou a interprété ce personnage, on n'a déjà pas un a priori positif (on espère pour lui d'ailleurs qu'il avait également quelques problèmes d'audition). Évidemment comme la Esmeralda elle est très belle, tout le monde est amoureux d'elle, surtout l'archidiacre, qui en sa chasteté souffre les mille morts, et le sonneur, qui est quand même un chouia maladroit avec les filles. Malheureusement la gitane aime un chevalier, Phoebus, beau et con à la fois, qui ne lui rend pas forcément très bien. Frollo désespéré essaie de tuer l'apollon, mais c'est Esmeralda qu'on accuse et qu'on jette dans un cul de basse fosse. L'archidiacre tente de la faire évader, elle refuse, et c'est Quasimodo qui raflera la mise, en l'enlevant et en faisant de Notre-Dame sa terre d'asile. Hélas, le refuge ne pouvait durer, la belle est enlevée par l'archidiacre, mais se refuse toujours à lui. Dépité, il la confie à la bonne garde de Gudule, qui déteste les gitans depuis qu'ils lui ont volé sa fille. Mais l'amour succède à la haine chez Gudule, qui reconnaît en Esmeralda la fille qu'on lui avait arraché quinze en plus tôt. Elle cache son enfant des yeux des soldats. Hélas, Esméralda entend la voix de son Phoebus et se jette hors de sa cachette (je vous avez dit qu'elle était quiche). Elle est prise et pendu. Frollo est soulagé, Quasimodo désespéré, Gudule écrabouillée, et Phoebus se marie.
Alors ça louche ça ? Et encore, je vous ai gravement résumé, il y a près de 700 pages, et quelques autres personnages clés, dont une petite chèvre toute mignonne, un poète maudit, et une fiancée jalouse. Bref, Hugo a beau vaguement méprisé le genre romanesque par rapport à la réflexion pure, Notre-Dame de Paris convainc beaucoup plus par son intrigue et son style échevelés et ses rebondissements énormes, que par son prétexte historique. Un bien beau moment, qui à quelques longues longueurs près, se dévore d'un traite en s'arrachant les cheveux, et en les broyant entre ses dents. Encore, encore !












