08 avril 2007
Playlist n°1
Petite sélection de ce que j'écoute le plus depuis quelques temps. A vos platines !
Un disque qui s'écoute, se réécoute, se savoure. Dans ma platine depuis quelques mois déjà.Enregistré chez lui, avec un piano et quatre bouts de ficelles. C'est un disque urgent et fébrile. Peut-être son meilleur.
An Other Cup de Yusuf (alias Yusuf Islam alias Cat Stevens)
Cat Stevens a délaissé le temps de ce disque ses envolées théologiques, pour revenir à de la pop comme il sait si bien la faire. Bien sûr toutes les chansons peuvent être interprétées sous l'angle "j'ai trouvé la foi". N'empêche. On est en terrain connu ici, dans un monde lumineux et simple. Il n'y a que lui pour ce permettre de dire des choses aussi plates, et qui paraissent pourtant si douces. Allez, tous en choeur : "I'd like to take a walk out in the midday...". A noter aussi sa renversante reprise de "Don't let me be misunderstood".
Certains diront "Mano depuis qu'il a retrouvé la pêche, c'est plus ça". Alors je vous arrête tout de suite. D'accord In the garden, comme Les Animals n'a pas la noirceur et les déchirements des Années Sombres ou de Je sais pas trop. C'est un disque plus lumineux, moins tiraillé. Mais la plume est là, précise, efficace, incisive. Il y a plus d'audace dans la musique. Donc à écouter évidemment.
Bring me the workhorse de
My Brightest Diamond
Que dire de ce disque ? Qu'il touche là, ici, et là, bref partout où il y a la place. Mix de PJ Harvey, Bjork, Jeff Buckley, et même quelques accents Nina Simonien, varié, intriguant, émouvant, audacieux... La chanteuse a une voix extraordinaire dont elle fait grosso modo ce qu'elle veut, sans pourtant aucune esbrouffe. Un disque conseillé par Dominique A. dans je ne sais plus quel magazine. Conseil à suivre donc.
The Letting Go de Bonnie Prince Billy
Last but not least. Ok, il chante peut-être aussi bien que ma savate droite (la gauche se débrouille mieux), mais ce disque est complétement envoûtant. Assez indéfinissable, accents vieillots et pourtant résolument modernes. A écouter sans discuter.
26 octobre 2006
Aqueux c'est réussi !
L'eau
de Jeanne Cherhal
Ouh lala quelle bonne surprise que ce disque ! J'avais pas mal apprécié son deuxième opus (12 fois par an), mais sans grand enthousiasme non plus. Bien écrit, musique sympa, voix rigolote, c'était un disque gentil, dans la veine bénabarienne : humour, dérision mais propos mince comme du papier à cigarettes (à l'exception de la richissime "Station", gros blues sur les balades dominicales à la station d'épuration, servi par sa petite voix, un vrai bonheur).
Avec l'Eau, Jeanne Cherhal gravit nettement les échelons de la chanson française. C'est un disque à thème, comme celui de la dorénavant célébrissime et génialissime Camille (Le Fil), avec laquelle, on ne manquera pas de la comparer. C'est donc sur le thème de l'eau que se drapent 13 titres hétéroclites mais donnant un ensemble fort cohérent.
Jeanne Cherhal s'amuse, c'est indiscutable et trouve sa voix, bien fluette jusque là. Vocalement en effet elle ose, elle envoie, elle joue, elle interprète, un régal. Le piano est mis un peu en arrière pour donner de la place à des arrangements très classieux signés Albin de la Simone. Quelques petites références ethniques, quelques chœurs, si je ne m'abuse une petite sonorité à la Fiona Apple. Ca s'enrichit donc du côté musical, sans trop plein, juste ce qu'il faut pour donner de l'épaisseur.
Côté écriture Jeanne Cherhal glisse de plus en plus du côté autobiographique de la force, et c'est merveilleux. En parlant de son moi profond (d'elle vraiment, pas de ses soucis menstruels, mais de ce qu'elle est), elle atteint des sphères beaucoup plus universelles qu'en nous parlant des problèmes du petit voisin. Elle met en avant sa fragilité, son indépendance (Je suis liquide - extrait ci-dessus), ses désirs coquins (magnifique Tu m'attires - extrait ci-dessus), ses larmes faciles, reliquat d'enfance (Rondes larmes). Des thèmes graves sont également évoqués dans deux très pudiques chansons, les femmes voilées dans "Le tissu" et l'excision dans "On dirait que c'est normal", l'écriture est épurée et ciselée, de la haute voltige. N'ayez pas peur hein, Jeanne Cherhal n'est pas devenue neurasthénique et quelques titres très drôles émaillent le disque (visiblement elle adore le bouillon de poule, parfois faut pas chercher).
Sous une apparence plus abordable que sa consœur Camille, Jeanne Cherhal est en train de construire quelque chose de vraiment joli, et p'tet même, soyons fous, plus profond. Allez hop hop, maintenant on file chez son disquaire !
En cliquant ici, vous verrez que Jeanne Cherhal a eu la bonne idée de mettre ses textes en ligne. Dans un monde de systèmes anti-copie, et de préservation forcenée (et utopique) des droits d'auteur (dur dur parfois de trouver le texte d'une chanson à l'heure actuelle), ben je trouve ça vraiment sympa !
11 juillet 2006
Tribute to Syd Barrett
Décidemment très musique ce soir ce blog. Je viens d'apprendre le décés d'une légende. Syd Barrett s'est éteint le 7 juillet à 60 ans. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Barrett est un des membres fondateurs des Pink Floyd, auteur principal de leur premier album. Personnage extrême, accroc aux substances illicites, incapable de gérer la popularité naissante du groupe, il est peu à peu écarté des Floyd et remplacé par son ami d'enfance, David Gilmour. Il réussit cependant à enregistrer quelques albums solo, complétement décalés, entre humour loufoque et noirceur totale. Il a passé la fin de sa vie, à Cambridge, dans la maison où sa mère est décédée, à faire du jardinage.
Plus de renseignements ici.
Et parce qu'il ne faut pas sombrer dans la neurasthénie, un petit extrait complétement barré de Barrett (hihi désolée, chuis fatiguée)
Ca s'appelle Effervescing Elephant, et en gros ça raconte l'histoire d'un éléphant qui se fait croquer par un tigre. Les paroles ici.
Petit ajout de dernière minute : dans vos commentaires, vous parlez beaucoup du Floyd. Oui oui, je suis d'accord c'est génial. Mais surtout jetez-vous sur les albums solos de Monsieur Barrett. Perso, j'adore. Un "best of" est sorti y'a quelques années, vraiment bien. Je vous ai mis un petit extrait très léger, pour ne pas plomber l'ambiance, mais il n'y vraiment pas que ça !
Et ça a fait... Flop
Le coeur dans la Tête
Ariane Moffatt
Une certaine personne, qui se reconnaîtra peut-être si elle lit ces lignes, m'a un jour dit qu'il avait peur que je sois trop consensuelle. Il est vrai que je préfère parler des choses qui me plaisent, et taire celles qui me déplaisent. Mais là, je sens que la critique est un cri qui vient de l'intérieur. Attirée par les sirènes de la pub téléramaïenne et fnacquesque, j'ai acquis (naïvement je l'avoue) le disque d'Ariane Moffatt. Séduite par l'épure de la pochette, assez proche de celle de Pauline Croze (visage pâle, sur fond quasi-monochrome), une pochette qui ne cherche pas à capter les regards, moi ça me botte.
J'insère la galette dans l'ordi et je commence l'écoute, toutes esgourdes de sortie, dans l'attente de l'émotion. La première chanson est relativement écoutable, une voix à la Carla Bruni (qui aurait appris à chanter), des répétitions qui collent bien au cerveau, grand public mais bon, pourquoi pas. Et après... je suis abrutie par la pauvreté des textes, évidente, limpide. "retourne chez elle, je sais que tu reviens de loin, il reste des étincelles, dans ton sourire en coin" "se perdre dans un ciel tout bleu, se perdre dans un verre pour deux" "tu joues avec mon feu, tu casses mon âme en deux"... je continue ? non bon j'arrête. Côté voix, on la compare aux plus grandes chanteuses de jazz (!!!), à Björk (!!!!). Moi je n'ai rien vu de tout ça ici. Oui, elle chante plutôt bien, oui, elle a plutôt un joli timbre, un bon swing et alors ? Tout ça est noyé dans un flot de musique variétoche, agrémentée d'un peu d'électro pour faire comme, de vibes Rythm & Blues, pour faire comme, etc... Le problème c'est qu'en faisant des copié-collés de trucs bons, on obtient pas forcément de la bonne musique. Ah oui, j'oubliais, elle est québécoise... à croire qu'il fait tellement bon y vivre au Québec qu'ils ne produisent que des chanteuses Candy.
Alors maintenant, on va dans sa cdthèque et on réécoute Pauline*, petite pepite de la chanson française, beaucoup plus punkette qu'il n'y paraît, on écoute des grandes du jazz, d'Ella**, à Madeleine*** en passant par la géniale Nina**** (je vous accorde même un Diana*****, voyez comme mon âme est grande ;-), on se refait un p'tit Joss******. Bon et pour terminer, allez au lit avec un bon Beth*******, pour planer.
*Pauline Croze : disque épuré, génial et sans concession, à acheter absolument. (A écouter : Mise à nue)
**Ella Fitzgerald : La Voix, du sucre, du skat mais qu'est ce que c'est bon (A écouter : tout)
***Madeleine Peyroux : La voix de velours, interprète géniale et à pleurer, la nouvelle diva du jazz (A écouter : Careless love, Dreamland)
****Nina Simone : Pianiste, auteur compositrice de génie, engagée et voix à tomber (A ecouter : Tout)
*****Diana Krall : chanteuse de jazz, honnête et agréable (A écouter : The girl in the other room)
******Joss Stone : nouvelle petite barbie blonde du Rythm & Blues, voix de black écorchée, profitons-en avant qu'elle ne prenne la grosse tête (A écouter : The Soul Sessions, Mind, Body and Soul)
*******Beth Gibbons : ex-chanteuse de Portishead, beau beau beau (A écouter : Out of season)
20 juin 2006
Le Roi Claude
Claude Nougaro
Pourquoi chantez-vous ?
C'est difficile. Je suis fait pour ça. D'abord pour travailler avec du papier et de l'encre. Comme ce travail est terriblement triste, qu'il demeure sec et sans fleurs, j'ai besoin de transformer cette écriture en chant. Parce que j'aime la matière. La matière des mots pour toucher à la matière des rêves, de l'imaginaire. Pour toucher à la prescience d'un espace neuf; je chante pour faire pousser en moi je ne sais quelle végétation qui me libère. Pour me fondre dans autre chose. Je ne peux employer que des mots très vagues. Ce que je veux faire passer c'est l'inconnu. Je cherche à créer des fantômes plus vivants que la vie. Je n'y arrive pas souvent.De toutes façons, le chant, le chant-songe, c'est un art collectif. Quand je chante, je suis entouré de musiciens, avec lesquels il y a une trame singulière. Et nous sommes là une dizaine, au milieu des jeux de sons et de lumières, pour pêcher je ne sais quel poisson inouï. Alors, si vous ne voyez pas le poisson sortir de l'eau, et bien c'est que c'est loupé. Mais parfois il y en a qui le voit...
Et qui, cependant, sont peut-être aussi gênés hors d'une salle, par inégalité entre le créateur et la récupération de cette création.
Un artiste c'est un autre. Je suis un type qui se court après et cherche à saisir en moi une réalité sur laquelle je ne débarque jamais, mais que je pressens. Et cette course que j'ai en moi, eh bien, je te la propose mon frère. Est-ce la tienne aussi ? Si c'est la tienne, nous allons courir ensemble.
Extraits d'une interview accordée au journal Libération, parue le 16 novembre 1973. Propos recueillis par A. Froissart et A. de Gaudemar. Photo : claude.nougaro.free.fr.
Un peu plus de cette excellente interview ici.
En illustration sonore, une chanson peu connue de Claude Nougaro : Quand Freddy est parti
04 mai 2006
Dans les Bach
Allez hop, une petite touche rétro dans ces chroniques musicales... Non non pas d'affollement, je ne vais pas vous faire un exposé sur le disco ! Mais cette année, c'est l'année Mozart, Mozart par-ci, Mozart par-là, et vas-y que je te sors une intégrale (au demeurant pas mal du tout) de 170 CD pour une bouchée de pain, que j'te repasse le Requiem à la télé... alors pour aller à contre-courant, je vais vous parler du Maître, l'Homme qui peut prétendre faire passer Mozart pour un petit avorton génial et brouillon, bref, The Big Boss du Contrepoint : Jean-Sébastien Bach (Johann Sebastian Bach en VO).
Pas de blabla superflu sur sa vie - son oeuvre, juste quelques points importants. Bach est né le 21 Mars 1685 à Eisenach, et mort 6 ans avant la naissance de Mozart, le 28 Juillet 1750.
Il naquit dans une famille de musiciens, et fonda une famille de musiciens : deux mariages avec des musiciennes, une tripotée de bambins musiciens. On imagine la cacophonie à la maison Bach, je ne vous raconte même pas. Bach a eu une vie extrêmement riche, compositeur et organiste de génie (là je vous évite une blague de mauvais goût, vous pouvez deviner laquelle), il était également un pédagogue de première. Après l'avoir considéré comme ringard (ben oui déjà à l'époque), Beethoven et Mozart reconnurent en lui un maître insurpassable. Aujourd'hui le cliché de Bach, excellent technicien, mathématicien de la musique, froid et sans âme, est malheureusement toujours en vie. Il est indéniable qu'il y a une rigueur, une maîtrise forcenées dans la musique du maître. Cependant Bach a composé des milliers d'oeuvres, dont la qualité est restée constante toute sa vie, plus belles les unes que les autres. Il a composé autant pour instruments (Variations Goldberg, Le Clavier bien tempéré, Sonates pour violoncelle...), que pour orchestre (Les Concertos Brandebourgeois...). Bach était un précurseur, sa musique est sensuelle, vivante, organique, terrienne, aérienne, bref parfaite.
L'extrait que je vous propose ici fait partie de sa musique sacrée, plus précisement d'une de ses 224 cantates. Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen BWV 12 ("Weeping, lamenting, worrying, fearing") a été composé en Fa mineur, pour soprano, alto, tenor, bass, hautbois, trompette, basson, deux violons, deux violes de gambe, et basse continue. Ca n'est pas le caractère "sacré" de cette musique qui me plaît , c'est l'énorme charge émotionnelle qu'elle dégage. Comme dans les plus belles pages de la musique sacrée de Vivaldi, on est bouleversé par la pureté, la profondeur, la simplicité, la douceur de cette oeuvre. Mais chut... écoutez plutôt !
Pour plus de renseignements sur Bach, c'est ici. Pour plus de renseignements sur la cantate, c'est là. L'extrait provient de l'album "Actus Tragicus", édité chez "Harmonia Mundi",
13 avril 2006
Michel SuperStar !
Ca fait un petit moment que j'ai envie de vous parler de quelqu'un que j'aime beaucoup. C'est un grand artiste, mais il est trop modeste pour s'en rendre compte, ou pour réussir à se l'avouer. J'ai donc décidé de le ouéber, pour que, par vos commentaires chaleureux (amis lecteurs je compte sur vous), vous lui disiez tout le bien que vous pensez de lui. Je vous présente : Michel Lafont.
Michel est pianiste depuis toujours. C'est un autodidacte complet, il n'a jamais appris la musique. Il a cependant baigné dans une ambiance musicale dès son enfance. Il joue du jazz, du blues, du style des origines du jazz et du blues (Fats Waller, Art Tatum...). Mais surtout, il compose, il improvise et avec brio ! Laissez traîner un piano dans une salle, et vous pouvez être sûr que Michel le squatte, pendant des heures, sans fatigue, sans interruption, et toujours avec talent !
A l'heure actuelle, il sévit dans un groupe bien sympathique, le Cocagne Club. A leur répertoire, de grands standards du jazz, notamment du Duke Ellington, et des compositions originales de Michel (ahhh le Cocagne Blues). Ils tournent en région lyonnaise, et pour de plus amples renseignements, contactez-moi. Bref assez papoté, et place à la musique. Trois petites compositions originales et un grand classique (St Louis Blues) pour bien apprécier toute l'étendue du répertoire de Michel Lafont. Pour rappel aux utilisateurs de FireFox, et éviter que tous les extraits se lancent en même temps, allez faire un tour ici.
Blouse Blanche (Blues en Sol)
Chou de Glammondans (Ré mineur / Fa)
Nostalgie (Sol mineur)
St Louis Blues (Sol mineur / Sol majeur)
31 mars 2006
Les Partisans de l'espoir
Depuis quelques jours, j'ai dans l'idée de lancer sur ce blog une nouvelle catégorie, la catégorie "Débats", qui aurait eu pour premier thème "La liberté d'expression". Peut-on tout dire? Peut-on tout dire en n'importe quel lieu? Peut-on dire les mêmes choses à l'oral qu'à l'écrit? etc. Cependant mes chromosomes d'évitement des conflits, et mon état anxieux actuel, m'ont soufflé que ce n'était pas forcément une bonne idée et qu'en ce moment j'avais plus envie de Bisounours que de prises de bec, même civilisées.
Voila, mais bon, une idée en amenant une autre, les manifs anti-CPE passant par là, et la consultation de ma bibliothèque musicale, m'ont donné l'envie de faire un petit message musical et révolutionnaire. Mais bon, gentil le message hein, la musique adoucit les mœurs il paraît.
Le premier extrait s'intitule "Grandola vila morena" de Zeca (José) Afonso (1929-1987). Afonso est un compositeur portugais et militant, dont un grand nombre de textes dénoncent la dictature fasciste qu'a connu le Portugal entre 1933 et 1974. Cette chanson est particulièrement symbolique puisqu'elle a servi, lors d'une diffusion radio, de signal au Mouvement des Forces Armées pour renverser le régime dictatorial, initiant ainsi "La Révolution des Oeillets". Maintenant, montez le son et écoutez !
Le second extrait est le titre « Du Vent » de Mano Solo. Ce titre est beaucoup plus anecdotique, mais je l'aime assez. Il est tiré du dernier album de Mano Solo "Les Animals", très décrié car beaucoup moins sombre que ses précédents albums. Bon moi personnellement, je trouve que c'est vachement bien qu'il ait retrouvé la pêche et un chouïa d'optimisme Mano Solo, donc je ne peux qu'applaudir. Par ailleurs l'album est vraiment très sympathique, donc il n'y a pas de raisons de s'en priver. "Du vent" est un peu un pot-pourri de styles différents, faux chœurs de l'armée rouge, trombone de fanfare, guitare à la western, un soupçon de tzigane par dessus. C'est un peu la version "Heidi au pays de Bisounours" du "Chant des Partisans". Les paroles ne sont pas forcément ce qu'il a écrit de plus percutant, mais elles sont rafraîchissantes et imprègnent très facilement nos (enfin mes) petits neurones. Alors, tous en chœur : "Un soir, dans le vent, je rejoindrai les partisans, de ceux qui ont de l'amour pour la vie".
27 mars 2006
Révélation
Antony and The Johnsons
Mon dernier énorme coup de coeur musical, (merci Julien ;-)). J'avais commencé un essai de biographie, mais devant les vagabondages métaphoriques des chroniqueurs musicaux ouébiens, j'avoue m'être sentie totalement perdue ! En gros, il s'agit d'un groupe new-yorkais, mais dont l'intérêt principal réside dans son chanteur et compositeur, Antony (pas Anthony) Hegarty, britannique de naissance. J'ai tout de suite été frappée par sa voix profonde, rauque, hors-norme, toute félée, qui rappelle Nina Simone et Ilene Barnes. Donc un petit tour sur le net, et je m'aperçois qu'Antony n'est pas une black vertigineuse, mais un petit blanc, gros comme une crevette, pâlichon et totalement androgyne. Evidemment ça surprend. Il y a donc cette voix fabuleuse, ce piano léger et magique, et des textes très marqués par la mort, et l'androgynie. Deux extraits, le premier tiré de la chanson "Hope there's someone", qui commence par "Hope there's someone who'll take care of me, when i'll die", soit en français "j'espere qu'il y aura quelqu'un pour prendre soin de moi, à ma mort". Le second extrait vient de "You are my sister", magnifique duo chanté avec Boy George, je vous laisse donc apprécier le titre de la chanson. Pour plus de BlaBla sur le groupe et une analyse approfondie, vous pouvez visiter ce blog.
J'allais oublier de vous dire que l'album s'appelle "I'm a bird now", et qu'il est magnifique !
16 mars 2006
Si la paix existait ...
Pour changer un peu, j'ai décidé de vous mettre une petit musique. C'est la musique que j'écoute quand vraiment je suis trop stressée ! Il s'agit des premières mesures du Köln Concert (1975) de Keith Jarrett. (Cliquez sur la petite flêche pour démarrer la lecture)
Keith Jarrett est né en 1945, en Pennsylvanie. C'est un des plus prodigieux pianistes de jazz de tous les temps ! Il a souvent travaillé en formation (quartet, trio). Mais sa grande spécificité et son immense talent résident dans ses fabuleuses capacités d'improvisation. Imaginez-vous... il arrive sur scène, seul face à son piano, dans des salles comme la Scala, pour des concerts totalement improvisés ! Il vit sa musique, marque le rythme avec son pied, chantonne, crie, un peu comme Glenn Gould. Sa musique est totalement inclassable, ni vraiment jazz, ni vraiment classique. C'est de la Musique, tout simplement.
Pour plus de renseignements sur Keith Jarrett, cliquez ici. (biographie en anglais)













