d'Amélie Nothomb.

vin_800
Choisis ta bouteille.

Voilà donc le cru 2008 du vignoble belge Château Nothomb. Qu'on aime ou qu'on aime pas, on peut tout de même admirer la constance impressionnante de la demoiselle : un livre par an depuis 1992, il faut avouer qu'il y a une certaine insolence dans cette profusion et cette régularité, et aussi pas mal de désinvolture, et souvent quelque peu de paresse. On peut noter depuis pas mal d'années l'incroyable diminution du nombre de mots par pages qui font tendre Le fait du prince plus vers la nouvelle que le roman.

Mais bast, Le fait du prince fait plutôt partie des crus acceptables de Nothomb, mêlant bonhomie, absurde et imagination dans une histoire gentiment loufoque. Un homme sonne à la porte du héros pour passer un coup de fil, et a la mauvaise idée de mourir sur le canapé de ce dernier. Sans grande hésitation, le survivant endosse l'identité du macchabée, délaissant une existence peu passionnante qu'il oublie déjà.

Nothomb lorgne sans vergogne vers un univers Murakamien complètement décalé, en gardant sa patte bien reconnaissable. Son héros se fond dans sa nouvelle vie, s'y vautre plutôt, avec délice, et c'est assez réjouissant. Malheureusement, au lieu de laisser planer les mystères, l'auteur préfère les débusquer, faisant de son héros un petit détective à la manque. C'est dommage qu'elle ne réussisse pas à développer son sens de l'absurde un peu plus, la fin du livre n'est vraiment pas à la hauteur, et fait clairement retomber le soufflé.

Reste un moment distrayant, inconséquent et oubliable. Ça parlait de quoi au fait son avant-dernier ?