Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

11 mars 2008

Chronique livre : Madame, Monsieur, bonsoir...

de Patrick Le Bel (?).

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Un peu curieux cet objet. Que la citadelle de la première chaîne francophone soit pourrie jusqu'à la moëlle, vendue à l'audimat, à Sarkozy et au fric, ça, on savait déjà, du moins on s'en doutait fortement. On en apprend par contre un peu plus sur les méthodes-maison, qui permettent de mettre de l'huile dans les rouages, et scotcher l'ensemble en un tout proche de l'explosion, mais qui n'explosera jamais. C'est sûr que quand on paye à prix d'or les secrétaires à ne rien branler, et les journalistes mis au placard à fermer leur gueule, ça incite à la boucler. L'argent, comme facteur de cohésion sociale. Je vous assure que parfois on regrette d'avoir fait des études.

Le livre est un patchwork d'anecdotes éparses, pas toujours bien agencées, bien articulées. J'avoue n'avoir pas tout suivi, ne connaissant pas les gens dont il s'agit, et n'ayant pas regarder le journal de TF1 depuis environ 20 ans. Du coup certaines scènes ont fait ploc dans ma tête. C'est mal fichu, et c'est en ça que c'est intéressant, car il y a une forme d'urgence derrière tout ça, d'exutoire maladroit. On aurait pu prendre ça pour un pétard mouillé, un canular, mais heureusement les réactions incroyables de la maison Bouygues nous prouvent fondamentalement le contraire (je vous conseille la lecture de l'article de Rue 89 sur le sujet). Leur indifférence aurait été un beau démenti, leur agitation ne fait qu'accroître les charges. Il y a quelque chose de pourri au royaume de l'audimat.

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10 mars 2008

Barrage.

Moulin de Cougnaguet, Lot, décembre 2007.

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En grand format c'est .

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09 mars 2008

Chronique film : Be kind Rewind (Soyez sympas rembobinez)

de Michel Gondry.

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Ben le voilà mon premier gros coup de coeur de l'année. Lecteurs, passez outre l'effroyable traduction française et littérale du titre, et filez au cinéma ! Un vieux videostore décrépit et menacé de démolition, des k7 effacées, deux potes qui décident de re-tourner les films effacés à leur sauce : Ghostbusters, le Roi lion, Miss Daisy et son chauffeur, Rush Hour...

Déjà éblouie par Eternal Sunshine of the Spotless Mind, moins convaincue par La science des rêves (vue en VF, faut dire), je suis encore toute poreuse, attendrie, émue par ce machin joli tout plein, énorme hommage au cinéma, au spectacle en général. On jette au loin toute vraisemblance, ici, les choses sont claires, on se fout complètement des faux raccords, de la bidouille. L'intrigue n'est pas crédible ? on s'en fout. Ce qui compte, c'est l'imagination. Dans Be kind Rewind, on ne prend pas le spectateur pour un con, on le force à se servir de sa tête, on le fait participer activement à la réalisation de son propre film. Quelqu'un me disait récemment un truc du style : "Sur une scène, tu traces une ligne bleue, et tu l'appelles rivière. Si les spectateurs y croient, ont la trouille quand quelqu'un saute par-dessus, c'est gagné. C'est ça le théâtre, réussir à rendre réel ce qui n'existe pas." Ode à la création donc que ce film. On s'émerveille à chaque instant des trouvailles du gars : une pizza sous une tête pour mimer une tâche de sang, des doigts blancs et noirs pour mimer des touches de piano... c'est un amusement de chaque instant, un cri d'amour aux racines de l'art cinématographique.

Mais le film va plus loin. Ce qui est mis en avant ici, c'est le rôle de la création dans la cohésion sociale. Sans lourdeur on entr'aperçoit une ville moribonde, sans passé (les éléments glorieux de la ville se révèlent être des mensonges pour faire rêver les gosses), sans présent, et surtout sans avenir. Les tournages de ces remakes fédèrent la population locale, permet aux gens de se croiser, de travailler ensemble sur un projet commun. Les générations se mêlent, aucun passéisme, aucune fuite vers l'avant, juste une façon de vivre ensemble. Évidemment, dis comme ça, c'est un peu gnangnan, mais il y a tant d'amour dans la caméra de Gondry , tant d'attention aux petites choses, tant de modestie, que j'ai fondu comme une madeleine. On n'est pas dans l'ironie, pas dans le cynisme. C'est juste totalement désarmant et reposant de regarder un film aussi gentil sans être aucunement cucul. Moi, je vote pour. Dans le contexte actuel de sape culturelle intensive, le film est finalement assez subversif : sans création, pas de lien social. Le message passe. En douceur, mais avec conviction. 

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08 mars 2008

Au travers des oliviers - 4

Vers Grasse, octobre 2007.

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Pour la voir en plus grand c'est par ici.

Pachyderme cellulosique.


NDLR : je vous lâche pour une petite semaine. Soyez sages hein, et puis venez quand même faire un tour de temps en temps, des critiques et des photos, pré-postées rien que pour vous.

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07 mars 2008

Pertub'

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Un peu perturbée ce soir, vous m'en voulez pas trop si je vais faire un tour dans ma grotte ?

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06 mars 2008

Vallée de la Dordogne.

Domme, novembre 2007.

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Elle est itou.

Comment ne pas tomber amoureux de ce paysage dès lors qu'il n'est plus noirci des hordes de touristes estivaux ? Henry Miller n'avait pas échappé à ce charme intemporel et saisissant :
Just to glimpse the black, mysterious river at Domme from the beautiful bluff is something to be grateful for all one's life.”

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05 mars 2008

Le sac à dos.

Quais de Loire, Orléans. Février 2008.

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Elle est ici aussi.

Il y a ma vie dedans. Des choses éparses qui n'animent que moi. Au fond, un post-it rose, corné. Mon prénom en iranien est écrit dessus au stylo bleu. Je me rappelle la main qui l'a tracé, la tendresse qui la portait. Ce sont de petites choses qui passent inaperçues. Légères. Précaires. Elles disparaissent un beau jour, et emportent avec elles les souvenirs.

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Chronique livre : Dans le café de la jeunesse perdue

de Patrick Modiano.

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Un peu bizarre de plonger dans ce court ouvrage après 5 énormes pavasses, mais on ne peut pas résister à l'appel du livre quand il est doté d'un titre si beau. Dans le café... passe comme un rêve, porté par une langue si simple et si belle, qu'elle flotte dans le crâne comme une douce mélodie.

Louki fréquente un café, peuplé d'une jeunesse perdue avant même d'avoir commencé à vivre. Plusieurs personnages se succèdent, dont elle-même, pour faire le portrait en creux de cette femme, ou plutôt les impressions qu'elle a laissé dans les mémoires des gens qui l'ont croisée. C'est très beau, d'autant plus que finalement, on n'apprend pas grand chose sur Louki, elle reste un mystère entier, fantôme de passage dans ce monde, pas vraiment dans la vie, en dehors.

Le livre offre alors le portrait d'une époque révolue, d'un temps passé. Pas de nostalgie ici, l'écriture de Modiano est finalement plus attachée aux êtres qu'aux saisons, et les saisons n'existent que par la présence des êtres. A savourer avec délicatesse.

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04 mars 2008

Chronique film : Paris

de Cédric Klapisch.

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Plutôt agréablement surprise par ce film dont je n'attendais rien. J'avoue un peu honteusement avoir passé un bon moment, un vague sourire collé aux lèvres. En dehors de l'histoire pathos portée par Duris (pas très bon, sauf en danseur de Moulin Rouge), on se laisse porter par ce chassé-croisé sans queue ni tête. Binoche au naturel, en assistante sociale butée contre les mecs est très crédible, et a rarement été aussi belle. Le charme tient beaucoup à quelques petites réparties bien senties. Luchini, cinquantenaire perdu, est émouvant, en pleine mise en abyme de son personnage public. Quand il essaie de s'ouvrir à son frère successful, "normal", ce dernier lui rétorque "oh lala toi tu devrais reprendre le squash". Bien vu, on m'a tellement sorti de conneries de ce genre, que je ne peux qu'adhérer.

On sent le brain-storming derrière le propos du film, le travail du scénariste qui s'est vraiment demandé "c'est quoi Paris ?". En ça le film est assez intéressant, car, malgré le recours aux lieux phares parisiens, l'utilisation qui en est faite est loin d'être cliché : le rayon boucherie de Rungis sert de baisoir à un mannequin en manque, la hauteur de la tour montparnasse sert de dispersoir à cendres, et la tour eiffel devient le lieu de la déception amoureuse. Jolie scène d'ailleurs que celle de cette dispersion de cendres, où les points hauts de paris (montparnasse, eiffel, montmartre) sont utilisés en parallèle et reliés entre eux par les cendres, la longue vue, un téléphone portable. Voilà une vraie bonne idée.

Paris décor, passe alors comme paris acteur du destin des individus qui l'habitent, ou rêvent d'y venir. Peu ou prou, la ville devient élément de la vie de chacun, moteur de leurs actions. Le film est dans son ensemble assez amer, mettant en scène des solitudes qui s'entrechoquent, dans quelque chose d'un peu trop grand pour eux. Pas si mal.

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03 mars 2008

Indications.

Moulin de Cougnaguet, Lot, décembre 2007.

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Elle est ici aussi.

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