03 février 2008
Chronique film : No country for old men
de Joel et Ethan Coen.
Je suis absolument furax d'avoir perdu trois heures de mon we pour aller voir ce film (je compte le trajet hein). Emmerdée je me suis, et ce n'est pas peu dire. Je n'ai pas été prise une seule seconde, pas intéressée, pas amusée, pas interpellée, l'oeil las, et la bouche qui baille. Pourquoi ? Les acteurs sont irréprochables, Bardem impressionnant, la mise en scène virtuose, y'a plein de scènes cracras à souhait. Les Coen savent jouer des changements de rythme pour faire monter le suspense, étirer des scènes, les silences, puis tout accélérer, de préférence dans un bain de sang. De ce côté-là, pas de souci. Le problème, c'est qu'ils l'ont déjà fait, que les bains de sang ne sont intéressants que s'il y a quelque chose derrière, un humour, une distance. Mais là, ce n'est pas le cas, ou peut-être un peu trop. Les Coen se veulent dorénavant penseurs, et leur histoire n'a qu'un but que de parler de la rémanence et de l'indestructibilité du Mal, avec un soupçon de pointe de "c'était mieux avant", dont ils essaient de se défendre dans une scène parachutée. C'est poisseux, plein d'une nostalgie voilée à deux balles, et même la mise en scène ultra-calculée n'arrive à m'enlever de la tête que les Coen sont en train de devenir des pépés, et ça, ça fait mal. A movie for old men. Allez, on oublie.





