Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

30 janvier 2008

Lettre ouverte à ...

Paris, octobre 2007.

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Monsieur,

Entre deux trains, je me réchauffais les mains aux vapeurs chocolat, les yeux vagues aux vagues de gens. Vous êtes apparu dans mon champ de vision, présence concrète d'un monde un peu flou. Vous n'êtes pas resté longtemps. Les yeux délavés, le visage buriné, à droite, à gauche, à droite, à gauche. Vous attendiez quelqu'un, quelqu'une, vous attendiez quelque chose. Vous attendiez la pluie, la lune, un train, vous attendiez Marguerite, Gertrude, Marie, Gérard. Vous attendiez.
Non, vous n'êtes pas resté longtemps, mais ça a duré des heures. Et quand vous êtes parti, vos mains étaient vides, et vous étiez seul. Moi j'étais un peu plus pleine et un peu moins seule de votre vie anonyme rencontrée au hasard d'un changement de train.   
Monsieur, merci.

Anne

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29 janvier 2008

Jeux d'enfance.

Sur la Croisette, décembre 2007.

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En vitesse ce soir, je retourne préparer ma réunion, dans la joie, l'allégresse, et euh,
une soupe en sachet ?
un jambon-nouille ?
un bol de riz ?

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28 janvier 2008

Chronique film : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

de Tim Burton.

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Burton réalise avec cette tragédie musicale son film le plus désespérément sombre, et ce, dès le générique, magnifique, avec ses gouttes de pluie mêlées de sang qui tombent au ralenti sur un Londres dégoulinant d'humidité poisseuse. Le barbier Benjamin Barker, revient à Londres, après 15 ans de bagne, afin de se venger d'un juge libidineux qui a poussé sa femme à la mort et a enlevé sa fille. Sous le nom de Sweeney Todd, le barbier revanchard, aidée d'une pragmatique et moralement douteuse tenancière d'auberge, tente d'attirer à lui ses bourreaux pour les faire passer de vie à trépas.

Malgré la noirceur du film, il y a un plaisir extraordinaire deBurton, et de ses acteurs, ça se sent, et c'est donc incroyablement communicatif. Burton réalise un film à la fois bourré de références et très créatif. Je dois avouer qu'il m'a semblé y voir pas moins de 4 révérences au Dracula de Coppola, ce qui m'a fait pointer une larme à l'oeil (le bateau qui accoste dans le brouillard, la caméra qui parcourt les rues en accéléré, le sang sur le portrait de l'aimée, et enfin la belle scène finale). Visuellement, le film est une pure merveille, avec sa photo désaturée, et ses décors étouffants. Malgré des excursions dans un Londres décati, défait, le film se déroule quasiment en huis-clos. Ce qui différencie Sweeney Todd de tous les Jack l'Eventreur et autres serial-killers, c'est qu'il ne traque pas ses proies, il les laisse venir à lui. Il consent à une apparition sur le marché pour "faire sa pub", mais ce sera tout. Ce n'est pas anodin. Le barbier reste enfermée dans sa boutique, qui est également son ancienne demeure. Il est incapable de se défaire de son passé, de l'oublier, de passer à autre chose. Dans cette pièce, les lames de ses rasoirs, et les miroirs brisés lui renvoient des reflets déformés du présent, comme pour prouver son irréalité. Sweeney est donc bien enfermé dans ses souvenirs, et toutes les personnes pénétrant dans cet univers n'en ressortiront pas. Les souvenirs sont un piège mortel. A côté de lui, Mrs Lovett, l'aubergiste, lui parle de remariage, s'imagine déjà en couple, une maison au bord de la mer (surréalistes scènes turquoises, au milieu de cet océan de noirceur). Les scènes entre ces deux là, sont les plus belles, et les plus tristes.

Malgré quelques longueurs, une musique parfois un peu trop "musical" (Depp et Carter s'en sortent néanmoins vraiment pas mal), Sweeney Todd est un beau film, noir, sans espoir. Une réussite.

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27 janvier 2008

Machine.

Moulin de Cougnaguet, Lot, décembre 2007.

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Mais quel est donc cet engin ?
A quoi peut-il bien servir ?

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25 janvier 2008

Spectateurs...

Sur la Croisette, décembre 2007.

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Spectateurs de leur jeunesse perdue ?

Bon we à tous.

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24 janvier 2008

Meule.

Moulin de Cougnaguet, Lot, décembre 2007.

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Et parfois, la question couleur/N&B ne se pose pas !

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Et à la demande de Gérard ... La botte en prime !

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23 janvier 2008

Lire.

Croisette, décembre 2007.

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Quelque chose de curieusement antinomique à lire sur la Croisette,
en toutes saisons, le lieu d'une superficialité sans fond.

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22 janvier 2008

Atmosphère.

Moulin de Cougnaguet, Lot, décembre 2007.

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Entre les deux, mon coeur balance...

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21 janvier 2008

J'ai une de ces patates !

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Romantique

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Lunatique

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Lubrique

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Extatique

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20 janvier 2008

Chronique film : La visite de la fanfare

de Eran Kolirin.

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L'orchestre de la police d'Alexandrie est invité par un centre culturel arabe en Israël. Suite à une erreur de lecture, l'orchestre se trompe d'autobus, et atterrit dans une ville affreuse, bétonnée, poussée au milieu du désert. L'apparition de ces musiciens, dans cette cité blafarde, quasi-morte, sert de catalyseur à ses habitants, de souffle de vie ou d'exutoire : un restauratrice en mal d'aventures (très belle et intrigante Ronit Elkabetz), un jeune homme qui a bien du mal avec les filles, et un père de famille écrasé de solitude.

Voilà un film qui vaut bien mieux que son titre, d'abord il ne s'agit pas d'une fanfare, mais d'un orchestre, ce qui a provoqué un soulagement majeur chez moi quand la bobine a démarré, ensuite, ce n'est pas un remake israélien des Virtuoses, ce qui est tout de même une bonne nouvelle. Non, La visite de la fanfare se situe plutôt dans une veine parfois Kaurismakienne, parfois Sundancienne, bref, un petit truc joli, poétique, simple, intelligent, et quasi-inattaquable. C'est très joliment filmé, les cadres sont léchés, avec une photographie intéressante, notamment lors des scènes de nuit. La nuit, les personnages, filmés en clairs-obscurs, révèlent leur part d'ombre, leurs fêlures, ce que la lumière aveuglante du jour ne permet pas.

L'ensemble se regarde très agréablement, et quelques scènes se détachent nettement du lot, atteignant une poésie très touchante. Ce sont essentiellement des scènes muettes, petit ballet de gestes : le violoniste apprend au gars qui a du mal à draguer, les gestes qu'il faut faire pour approcher une fille, ce qu'il met aussitôt en pratique dans une chorégraphie légèrement désynchro très mignonne, où le chef d'orchestre qui n'arrive pas à mettre des mots sur les sensations que lui procure la direction d'un orchestre et qui se contente de lever les bras et de diriger des musiciens fantômes. Film très gentil quoi, mais un peu dénué de fond, ça reste léger, léger, un peu superficiel, sans la noirceur et le désespoir kaurismakien. Dommage, il y a de vraies bonnes idées, de vrais bons acteurs, et un joli sens de la mise en scène.

Posté par AnneduPerigord à 22:38 - Chroniques Cinéma - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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