08 août 2007
Une question de style !
Dijon - Juin 2007
07 août 2007
HP5
Harry Potter et l’Ordre du Phénix
de David Yates
Au risque de passer pour une neuneu totale, j’ai beaucoup aimé l’épisode n°5 de la saga Potter. J’y allais plus me remettre l’histoire en mémoire (j’ai le dernier volume sur ma table de chevet, en attente d’un rafraîchissement de cerveau nécessaire), que par réelle envie.
Beaucoup plus sombre que ces petits frères, HP5 étonne par son audace visuelle. Seul Cuaron avait jusqu’ici essayé, avec plus ou moins de succès, de mettre un peu de personnalité dans une machine ultra-produite. Yates y parvient assez souvent, malgré les grosses ficelles finales (le director’s cut c’est pas encore à l’ordre du jour).
On n’est souvent pas très loin du film d’horreur, et ça fout gentiment les jetons (gamine j’aurais pas dormi pendant une semaine après avoir vu ce film). Les décors sont assez fascinants, notamment le Ministère de la Magie, labyrinthe sombre et maléfique, la salle des prophéties avec ses milliers de boules de verre, et le bureau de Dolores Ombrage, au rose kitschissime, les assiettes de porcelaine aux chats miaulant accrochées au mur. Rien de clinquant ici, les bestioles sombres et inquiétantes, l’atmosphère lourde et poussiéreuse, concourent à créer une ambiance particulière, pas inintéressante.
L’autre grande réussite du film, ce sont ses acteurs. Ombrage (Imelda Staunton) justement est formidable en bonbonaille sadique et fascisante, la petite blondinette (Evanna Lynch) qui joue Luna Lovegood est vraiment parfaite. Et puis je craque toujours autant pour Gary Oldman, qui n’est jamais aussi sexy qu’avec barbichette et cheveux longs.
Malgré une fin un convenue (Oh ! C’est beau l’amitié !), Yates (un quasi-inconnu qui vient de la télé) a réussi un film inégal, mais efficace et intrigant. A suivre…
06 août 2007
Au doigt et à l'oeil.
Dijon - Fête de la Musique - Juin 2007
05 août 2007
You hou ... You hou ... You hou ...
Echo Park
de Michael Connelly
Voilà le grand retour de Harry Bosch, le héros connellien des débuts. Flic vieillissant et toujours aussi réfractaire à toute notion d'obéissance. Dans Echo Park, Bosch va assez loin, agit impulsivement et se rapproche parfois dangereusement de l'inspecteur Harry (ce qui lui vaut d'être plaqué d'assez sèche manière par sa nana - m'enfin j'avoue que finalement ça ne m'a pas fait pleurer).
Hanté par une ancienne affaire non résolue (la disparition d'une jeune femme), il se trouve embringué dans une histoire pas possible, entouré de requins politicards et d'avocats véreux. Rebondissements à foison, souvent plus de testostérone que de neurones, le livre s'avale comme de rien. Certes pas le meilleur des Connelly (les indices parsemés ici et là, font qu'on a toujours une longueur d'avance), mais de bonne fabrication, sans aucun doute.
Snobisme de ma part, je lis autant que possible les Connelly en anglais... on peut pas dire qu'il ait gagné en vocabulaire. Comme quoi, on peut écrire de bons polars avec 3 mots et demi.
04 août 2007
Cassée.
Aillac - Mai 2007
03 août 2007
Doux-Dingue.
La Pêche à la Truite en Amérique
suivi de
Sucre de Pastèque
de Richard Brautigan
La Pêche à la Truite en Amérique fait partie des bidules dont on ne sait trop comment ils ont réussi à se faufiler jusqu'à l'imprimerie.
Succession de très courtes nouvelles, La Pêche nous entraîne dans un univers absolument indescriptible, absurde et surréaliste. Impossible de vous raconter une quelconque intrigue, on est dans la petite touche, le détail loufoque, l'absurde quotidien. Ici, on peut acheter des bouts de ruisseau en vrac dans une droguerie (les animaux sont en option), on s'éclaire à l'huile de truite mélangée au sucre de pastèque.
Poétique et doux, on finit par se dire que Brautigan était un vrai naïf. Etonnant, non ?
02 août 2007
La perte.
Lyon - Quais du Rhône - Juillet 2007
01 août 2007
A la chaîne.
L'Entretien
de Philippe Malone
Première pièce de théâtre commentée ici, et première pièce lue depuis très longtemps. Trois personnages, la chef d’entreprise, une salariée syndicaliste et la fille de cette dernière. La gamine n’a qu’une envie, rentrer dans l’entreprise, se fondre dans la masse de ceux qui travaillent plus pour gagner peu. Sa syndicaliste de mère refuse que, si jeune, sa fille pénètre le monde obscure et étouffant du monde du travail salarié. La chef d’entreprise, les dents longues et l’écume aux lèvres, dirige la machine à broyer d’une main de fer.
La forme de la pièce est très surprenante, les personnages ne sont jamais cités, mais repérables par les différences de typographie. Simple volonté d'innover, ou signification profonde, le processus fonctionne en tous cas très bien. Au-delà de la simple forme du discours surgit la vérité essentielle, l'incroyable difficulté d'exister, de trouver sa place dans l'univers. Le monde du travail est en cela exemplaire. La lutte entre la directrice et la syndicaliste devient, à force d'habitude, leur moyen privilégié de fonctionner, de se définir l'une par rapport à l'autre, et de se définir chacune par rapport au monde. Entre alors dans la ronde la fille. Au chômage, sans travail, elle n'est rien. Dans la société actuelle qui veut qu'on n'existe qu'à travers l'argent gagné, "je travaille donc je suis", elle n'aspire qu'à se fondre dans le moule.
La pièce va donc bien au-delà de la simple caricature du monde de l'entreprise, mais retrace l'évolution de la société des quelques dernières décennies, pour arriver à la jeune génération actuelle, génération perdue, gavée de télé, de consommation et privée de rêves de liberté et de création. Les dialogues sont remarquablement écrits, dans un style moderne et classique tout à la fois (votre mission si vous l'acceptez : retrouver les quelques alexandrins pris dans la masse...). Un bien beau texte, nécessaire et couillu, en nos jours sombres.
Couillu aussi, le gars qui osera monter ça sur une scène.












