31 mars 2007
Les Niouzes.
Dijon - Mars 2007
Il n'y a pas d'âge pour avoir de saines lectures.
Les angoisses du créateur.
Angel
de François Ozon

Si tu veux connaître l'histoire, clique sur l'image.
Extrait du journal du cinéma Eldorado
Soupir profond. Je n’étais pas très chaude pour aller voir Angel, mais l’intérêt plus que vif d’un ami pour ce cinéaste a fini par me décider. Pourtant Ozon ne m’a jamais vraiment convaincu, même s’il m’a souvent intrigué. Trop intelligent, trop truqueur, trop malin, pas assez organique, ses films des exercices de style un peu vains, même si brillants. Angel ne déroge pas à la règle.
Comme toutes les petites filles depuis 1939 ont rêvé d’être Scarlett O’Hara, tous les metteurs en scène en herbe ont dû rêver d’être Victor Fleming. Froufrous, crinolines, fastes et ors fascinent visiblement Ozon, qui opère une espèce de vrai-faux copié-collé de Gone With The Wind. Une héroïne butée, monstre d’égocentrisme et d’hystérie, un grand amour qui finit mal, un contexte historique lourd, une amie au grand cœur…
Mais pour chaque élément commun, Ozon prend l’exact contre-pied de son modèle : Scarlett est née riche, et sombre dans la pauvreté, Angel sera pauvre et atteindra les sommets de la richesse, Scarlett était une terrienne, Angel n’aura pas un quart de pied sur le sol, Scarlett est une survivante, et luttera pour son grand amour, Angel finira par mourir de ses rêves d’amour, Scarlett aura les mains dans le cambouis pendant la guerre de Sécession, Angel laissera la guerre de 14-18 loin de chez elle… La liste est longue, et dans le scénario, et dans les décors, et dans la mise en scène. On peut également citer les costumes, de la robe rouge dans un escalier, aux oripeaux de la fin, fabriqués de Bric et de Broc, comme la robe verte en rideau de Scarlett. L’idée aurait pu être bonne si elle n’était pas aussi prévisible.
C’est dommage, certains plans sont très réussis, comme ce joli plan du début sur les jambes des écolières trottinant sur la neige, ou Angel, écrivant nue devant sa fenêtre. La mise en scène est belle et fluide, bien sûr. Beaux également les rôles secondaires, de la toujours impeccable Charlotte Rampling, au parfait Sam Neill et l’excellente Lucy Russell. Mais Angel, campée avec moult roulements d’yeux et soupirs éthérés et hystériques par Romola Garai est horripilante. Elle en fait des caisses pour montrer à quel point Angel est égoïste, vulgaire, éloignant de ce fait toutes particules de sympathie que nous pourrions avoir pour elle. Jamais émouvante, elle dessert le personnage, déjà bien assez caricatural et antipathique en lui-même. Quand elle meurt on est assez soulagé d’être débarrassée d’elle, de ses cris, de ses colères, de sa vacuité et de sa stupidité. Et qu’on ne s’y trompe pas, Angel ne meurt pas d’amour, Angel meurt car son mari, en se donnant la mort s’est libéré de son emprise, et Angel ne supporte pas l’échec. Beaucoup trop long (2h15), le film devient systématique et prévisible, jusqu’aux derniers hoquets d’agonie d’Angel.
Bien sûr, le film se veut métaphore de ce qu'est l'artiste, des rêves de gloire, et de la déchéance post-succés, bien sûr l'oubli de l'oeuvre d'Angel, et la découverte posthume de celle de son mari reflète les angoisses du créateur. D'ailleurs Angel ne se laisse t'elle pas mourir pour accéder à cette reconnaissance posthume ? Mais manque de substance, manque de cœur, manque de couilles pour assumer vraiment sa fascination pour les grandes sagas, Ozon rate bien son coup, et préfère tourner en ridicule son penchant kitsch. Le film ne manque pas d’intelligence, certes, mais de sincérité, c’est certain.
Allez, allez, lâchez les chiens !
30 mars 2007
Rappelle-toi Barbara...
Lettres d’Iwo Jima
de Clint Eastwood
Second volet eastwoodien sur la bataille d’Iwo Jima, après Mémoires de nos pères. Un sujet, deux points de vue. On est ici du côté nippon, après la vision américaine (renseignements zici).
Bien moins complexe dans sa construction temporelle que son prédécesseur, Letters from Iwo Jima est relativement linéaire, bien qu’éclaté entre plusieurs personnages : un jeune boulanger enrôlé de force pour servir l’empereur, un capitaine cavalier, médaille d’or aux JO de Los Angeles, un général américanophile, humaniste et artiste, un caporal fou furieux…
Comme dans Flags of our fathers, l’image est désaturée à l’extrême, à l’exception du rouge, rouge des flammes, rouge sang, rouge du drapeau japonais. C’est magnifique et cracra en même temps, ça reflète ce qu’est la guerre du dedans, crade, bourbeuse et poussiéreuse, déglamourisant complètement tous les attraits potentiels de la chose.
Tourné en japonais, avec des acteurs japonais tous excellents (sacré défi, remporté de ce point de vue là haut la main), Letters of Iwo Jima est très lent, sans pour autant ennuyer, malgré ses 2h19. Alternant scènes d’introspection des personnages (le général, et le boulanger écrivant à leurs familles, le champion et son cheval, le caporal fou faisant le mort au milieu d’un charnier, des bombes posées sur sa poitrine), scènes de groupe (notamment une scène de hara-kiri à la grenade assez sidérante), et scènes de batailles désolantes, Eastwood donne à chaque échelle de l’histoire son sens, ou plutôt tout son non-sens.
Car Letters from Iwo Jima, comme son alter ego américain, est un film profondément pacifiste. Si aux Etats –Unis, c’est le culte de l’héroïsme public qui est la cible du tir, ici, c’est le culte du dévouement à l’empereur, à la nation, au code de l’honneur nippon qui en prend un coup. Le film se met à hauteur d’hommes, démontre avec force que quelque soit la culture, les hommes sont finalement tous les mêmes, capables du meilleur, comme du pire, emprisonnés pour la plupart dans un mode de pensée codifiée qui ne peut amener qu’au pire.
Letters from Iwo Jima n’est certes pas le meilleur Eastwood, mais un film de bonne facture, profondément humaniste, qui a enfoncé le clou de mon pacifisme encore un peu plus profond.
PS : j’allais faire une blague nulle sur la façon de dire « Général » (ou capitaine, j’en sais rien), en japonais, mais Gols l’a déjà faite là.
Invitation à dîner.
Dolce Agonia
de Nancy Huston
Ahhh que ça fait du bien de lire des choses bouleversantes. J’avais été éblouie et tourneboulée par son dernier roman (Lignes de faille, dont je n’ai pas fait la critique – mea culpa – mais Gols l’a emballée-pesée ici). Je me suis donc jetée sur Dolce Agonia.
J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire si dense, et pourtant si courte. Beaucoup de personnages, de digressions, et autres flash-back, une lecture hachée, m’ont obligé à reprendre parfois quelques pages en arrière pour faire un point sur qui est qui, qui fait quoi. Mais bien vite, on s’adapte à ce rythme si particulier, ces vagabondages de l’esprit, ces voyages aux tréfonds des souvenirs.
La trame est pourtant déroutante de simplicité et d'intelligence. Sean, écrivain et professeur d’université, invite 12 de ses amis à dîner. Chaque chapitre, correspondant à une partie de la soirée, est entrecoupée par l’intervention de Dieu qui explique de quelle manière il va les faire mourir, un par un. On sait donc une chose sur ces gens qu’ils ignorent, tandis qu’ils nous apprennent, de part leurs comportements, réflexions, et souvenirs, tout ce qu’ils sont, ou ont été.
Malmenés, odieux, émouvants, humains, ou inhumains, rien de leurs émotions ou turpitudes ne nous échappent. Cette plongée au plus profonds des être est magnifique, et le regard porté sur ces personnages par Huston est admirable de tendresse. Pourtant, ils sont bien petits et mesquins ces intellectuels, mais apprendre à les connaître, c’est apprendre à les aimer. On sait tout de ces gens en à peine 500 pages, tapées en police 20, c'est extrêmement brillant, et riche. Ce livre contient autant de films qu'il y a de personnages, tant de concision, tant de matière si intelligemment utilisée, ça mérite un respect profond.
Encore une fois la littérature d’outre-Atlantique me fout une grande claque dans la gueule, et un grand coup de point dans le ventre, et me fait chialer dans le train. Ca devient une habitude.
Solidarités.
Paris - Mars 2007
Il n'y a pas quelque chose qui cloche ?
29 mars 2007
Subjectivité.
Paris - Mars 2007
Juste une question de point de vue.
28 mars 2007
Tourisme !
Paris - Mars 2007
Merci pour tous vos commentaires durant cette courte absence, ça fait chaud au coeur ! Contrairement à ce que vous pensiez, je n'étais pas en vacances, mais j'ai néanmoins pu musarder un peu et prendre quelques clichés. Allez, allez, on va faire un peu de tourisme. Bonne soirée à tous :-)
Diagonale.
Dijon - mars 2007
L'architecture moderne : à taille humaine.
26 mars 2007
... dans les buissons.
Dijon - Mars 2007
Absente pour quelques jours, deux petits messages auto-postés !
Contrairement à ce qui est écrit, la circulation sur ce blog est libre et vivement conseillée.
Bonne semaine à tous.
24 mars 2007
Droit à l'image.
Dijon - Aujourd'hui
Prise dans la cadre du marathon photo de Dijon. Un portrait qui n'a pas nécessité la signature d'une décharge concernant le droit à l'image. Ouf !
















