Racines

Photos et lumières du Périgord et autres contrées plus lointaines, critiques cinématographiques et littéraires.

30 mars 2007

Rappelle-toi Barbara...

Lettres d’Iwo Jima
de Clint Eastwood

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Second volet eastwoodien sur la bataille d’Iwo Jima, après Mémoires de nos pères. Un sujet, deux points de vue. On est ici du côté nippon, après la vision américaine (renseignements zici).

lfij8Bien moins complexe dans sa construction temporelle que son prédécesseur, Letters from Iwo Jima est relativement linéaire, bien qu’éclaté entre plusieurs personnages : un jeune boulanger enrôlé de force pour servir l’empereur, un capitaine cavalier, médaille d’or aux JO de Los Angeles, un général américanophile, humaniste et artiste, un caporal fou furieux…

Comme dans Flags of our fathers, l’image est désaturée à l’extrême, à l’exception du rouge, rouge des flammes, rouge sang, rouge du drapeau japonais. C’est magnifique et cracra en même temps, ça reflète ce qu’est la guerre du dedans, crade, bourbeuse et poussiéreuse, déglamourisant complètement tous les attraits potentiels de la chose.

lfij9Tourné en japonais, avec des acteurs japonais tous excellents (sacré défi, remporté de ce point de vue là haut la main), Letters of Iwo Jima est très lent, sans pour autant ennuyer, malgré ses 2h19. Alternant scènes d’introspection des personnages (le général, et le boulanger écrivant à leurs familles, le champion et son cheval, le caporal fou faisant le mort au milieu d’un charnier, des bombes posées sur sa poitrine), scènes de groupe (notamment une scène de hara-kiri à la grenade assez sidérante), et scènes de batailles désolantes, Eastwood donne à chaque échelle de l’histoire son sens, ou plutôt tout son non-sens.

Car Letters from Iwo Jima, comme son alter ego américain, est un film profondément pacifiste. Si aux Etats –Unis, c’est le culte de l’héroïsme public qui est la cible du tir, ici, c’est le culte du dévouement à l’empereur, à la nation, au code de l’honneur nippon qui en prend un coup. Le film se met à hauteur d’hommes, démontre avec force que quelque soit la culture, les hommes sont finalement tous les mêmes, capables du meilleur, comme du pire, emprisonnés pour la plupart dans un mode de pensée codifiée qui ne peut amener qu’au pire.

Letters from Iwo Jima n’est certes pas le meilleur Eastwood, mais un film de bonne facture, profondément humaniste, qui a enfoncé le clou de mon pacifisme encore un peu plus profond.

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PS : j’allais faire une blague nulle sur la façon de dire « Général » (ou capitaine, j’en sais rien), en japonais, mais Gols l’a déjà faite .

Posté par AnneduPerigord à 22:59 - Chroniques Cinéma - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Invitation à dîner.

Dolce Agonia
de Nancy Huston

dolceagonia

Ahhh que ça fait du bien de lire des choses bouleversantes. J’avais été éblouie et tourneboulée par son dernier roman (Lignes de faille, dont je n’ai pas fait la critique – mea culpa – mais Gols l’a emballée-pesée ici). Je me suis donc jetée sur Dolce Agonia.

J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire si dense, et pourtant si courte. Beaucoup de personnages, de digressions, et autres flash-back, une lecture hachée, m’ont obligé à reprendre parfois quelques pages en arrière pour faire un point sur qui est qui, qui fait quoi. Mais bien vite, on s’adapte à ce rythme si particulier, ces vagabondages de l’esprit, ces voyages aux tréfonds des souvenirs.

La trame est pourtant déroutante de simplicité et d'intelligence. Sean, écrivain et professeur d’université, invite 12 de ses amis à dîner. Chaque chapitre, correspondant à une partie de la soirée, est entrecoupée par l’intervention de Dieu qui explique de quelle manière il va les faire mourir, un par un. On sait donc une chose sur ces gens qu’ils ignorent, tandis qu’ils nous apprennent, de part leurs comportements, réflexions, et souvenirs, tout ce qu’ils sont, ou ont été.

Malmenés, odieux, émouvants, humains, ou inhumains, rien de leurs émotions ou turpitudes ne nous échappent. Cette plongée au plus profonds des être est magnifique, et le regard porté sur ces personnages par Huston est admirable de tendresse. Pourtant, ils sont bien petits et mesquins ces intellectuels, mais apprendre à les connaître, c’est apprendre à les aimer. On sait tout de ces gens en à peine 500 pages, tapées en police 20, c'est extrêmement brillant, et riche. Ce livre contient autant de films qu'il y a de personnages, tant de concision, tant de matière si intelligemment utilisée, ça mérite un respect profond.

Encore une fois la littérature d’outre-Atlantique me fout une grande claque dans la gueule, et un grand coup de point dans le ventre, et me fait chialer dans le train. Ca devient une habitude.

Posté par AnneduPerigord à 21:51 - Chroniques Bouquins - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Solidarités.

Paris - Mars 2007

solidarite

Il n'y a pas quelque chose qui cloche ?

Posté par AnneduPerigord à 20:27 - Photos - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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