15 janvier 2007
Les No-Minets sont...
Ce n'est pas un exercice facile d'établir un classement de mes dix films préférés de l'année qui vient de s'achever (2006 pour ceux qui ne suivent pas). Autant mon classement 2005 avait été mis au point rapidement, avec quelques immenses évidences (Caché, A History of Violence, Million Dollar Baby), autant le cru 2006 a été plutôt moyen. D'autant plus moyen qu'avec les événements qui ont émaillé mon année 2006, je n'ai pas pu voir tous les films que j'aurais voulus voir (36 films en 2006 seulement, et quelques lourds regrets, de Flandres à Libero en passant par Lady Chatterley...). Donc ce classement est évidemment partiel, partial, et ludique. Le recul aidant, j'ai parfois préféré des petits bidules qui m'ont touchés à des évidences reprises par tous. Ce top 10, c'est aussi l'occasion pour moi de vous parler de films que je n'ai pas forcément commentés ici, faute de temps ou d'envie. Allez, vous être prêts ? C'est parti !
Top 10
1- Le Caïman de Nanni Moretti : Là, c'est mon grand chouchou de l'année, mon évidence. Avec du recul, je pense toujours autant de bien de ce merveilleux film intelligent et tendre. Contre-pied de toutes les idées dont on pouvait s'en faire, prenant l'intime comme métaphore de toute une nation. Grand.
2- Bubble de Steven Soderbergh : Je n'avais pas parlé de ce film ici, car c'est une énigme totale. Film concept par excellence (sortie simultanée sur les écrans, en DVD et à la TV américaine), réalisé avec 2 bouts et demi de ficelle, des acteurs non professionnels (extraordinaires), et parfois un non-sens du cadre qui frôle le génie (P... le premier, immonde, heureusement qu'il y en a des sublimes après), se terminant avant d'avoir commencé, ce film a été un flop total. Bref, Bubble est une petite pépite indispensable à découvrir.
3- Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee : attention, c'est la midinette qui parle. Mon plus gros flot lacrymal devant grand écran depuis ET et l'Empire du Soleil. Pour la simplicité totale de la mise en scène d'Ang Lee, pour l'histoire d'Amour, une des plus belles depuis longtemps, et pour les moutons, parce que c'est sympa quand même.
4- The Last Show de Robert Altman : un petit moment de nostalgie suspendue dans l'air, une bulle de chaleur et d'humanité, et ça fait du bien dans un monde de brutes.
5- Les infiltrés de Martin Scorsese : le grand retour du roi Martin, après quelques égarements (dont un de taille quand même). Un film de brutes, magnifiquement mis en scène et monté, des acteurs au sommet, dur, mais bon.
6 - Bled Number One de Rabah Ameur-Zaimeche : Un film coup de poing, d'une sincérité totale jusque dans ses maladresses. Une scène d'ouverture grandiose, des idées, un regard, une émotion.
7- La raison du plus faible de Lucas Belvaux : un polar noir, très noir, mais belge, très belge. Une vraie inspiration et une vraie urgence, des acteurs tous magnifiques, très bon souvenir. Comme quoi, on peut allier monde de brutes et tendresse sans sombrer dans la mièvrerie totale.
8- The ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller : Ce film a du être vu par à peu près autant de personnes que Bubble, sinon moins. Qu'est ce que vous voulez, moi, un film avec Daniel Day Lewis, j'ai du mal à résister (sauf un égarement Scorsesien dont je parlais ci-dessus). Dans ce film réalisé par sa compagne, il est immense, et compense un film intéressant mais pas extraordinaire. Huitième place quand même, parce que Daniel Day Lewis, quand même.
9- Les Berkman se séparent de Noah Baumbach : Un sens du détail, de la psychologie très fins (la scène du tennis est fantastique), un univers visuel propre mais sans chic-choc un peu vain. A voir absolument.
10- Conversation(s) avec une femme de Hans Canosa : je sais, ce film ne devrait pas être là, d'accord. N'empêche, il repose sur le principe improbable du split screen. Ce film n'aurait pas du fonctionner, et pourtant... il fonctionne. Pas toujours ok, mais parfois il fonctionne et vraiment bien. Quand la forme sert le fond. A voir aussi pour Helena Bonham Carter, à qui on donne enfin un vrai rôle.
Prix spéciaux
- "Coups de coeur" :
Mémoires de nos pères de Clint Eastwood (parce que c'est Clint), L'âge de glace 2 (trois visionnages déjà, ahhh c'est bon), The Queen de Stephen Frears (me demandez pas pourquoi il n'est pas dans le top 10), Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris (gros gros fou rire final, aurait aussi pu entrer dans le top), Leçons d'amour à l'italienne de Giovani Veronesi (parce que le cinéma italien se bouge un peu le cul, c'est sympa quand même), Changement d'adresse d'Emmanuel Mouret, Scoop de Woody Allen et la Science de rêves de Gondry (qui a perdu sa place dans le top à cause d'une VF immonde).
- "J'ai rien compris mais ça doit être bien", décerné à :
Syriana et Romanzo Criminale
- "Le grand absent du classement" :
Volver d'Almodovar (ben oui, avec le recul... )
- "Les gros flops de l'années" :
catégorie spéciale de films dont j'attendais beaucoup, et qui sont franchement ratés : Marie-Antoinette de Sofia Coppola, Le Vent se lève de Ken Loach.




